L’Afrique est un pays, bah ouais.
Ce n’est pas moi qui le dis, mais du premier des français, qui au G20 parlait de “l’Afrique” comme il parle de l’Italie, du Brésil ou de l’Allemagne, à Jean Pierre Foucault et Benjamin Castaldi qui, tous les soirs, nous présentent une “Afrique” indivisible, fantasmée autant qu’inexistante, il semblerait que “l’Afrique” soit donc bel et bien devenue un pays.
La Ferme Célébrités n’a pas seulement mis en avant des célébrités qui n’ont de célébrités que le nom, mais une vision de “l’Afrique” quelque peu caricaturale (amis de l’euphémisme, bonjour !).
C’est donc officiel, “l’Afrique” est un immense pays peuplé d’animaux forcément féroces : Lions assoupis, scorpions agressifs, antilopes fragiles, de longs panoramas de brousse sèche dans lesquels galopent des hordes de zèbres ou de gazelles, et les longues jambes des girafes et où émergent de rares cases rondes en torchis surmontées de toits pointus.
De temps en temps, quelques “bons sauvages” à moitié nus communiquent de village en village à coups de Tam Tam, seins nus et torses peints aux couleurs de “l’Afrique”.
C’est bien connu, en “Afrique”, on est loin de tout, pas de confort, ou alors sommaire, pas d’économie florissante, ou de modernité, mais une vision binaire et simpliste : D’un côté la nature et la faune brutes, de l’autre, la misère et la guerre.
La vie urbaine en “Afrique” ?
On y pédale fort pour avoir de l’électricité et l’internet n’est qu’un vague rêve en provenance de l’occident.
Le Wifi ? Pure imagination, voyons !
On dort sous les moustiquaires, bien à l’abri des insectes tueurs, à l’ombre des palmiers et cocotiers et on se nourrit exclusivement de fruits improbables et autres mets pimentés autant que suspects ou indéfinissables.
L’homme blanc, pour y survivre doit, de tout et de tous se méfier, se gavant de médicaments après s’être fait immuniser par tous les vaccins connus à ce jour.
Chaque jour, il risque sa vie, confronté qu’il est à tous ces dangers et ces pièges, qu’ils soient humains, animaliers, alimentaires ou microbiens.
A moins que l’homme blanc ne soit la version moderne de l’esclavagiste, exploitant sans vergogne “l’Africain”, en bon colonialiste qu’il est forcément resté.
Voilà donc la vision de “l’Afrique”, qu’elle soit celle de Sarkozy, ou celle de TF1.
Qu’importe qu’il n’y ait pas une “culture africaine”, qu’importe qu’il n’y ait pas une “langue africaine” et encore moins les “prrrrésentement” avec ses R roulés à la Michel Leeb que chacun se plait à imiter pour faire “comme là bas, dis” alors que c’est juste ridicule.
Qu’importe qu’il n’y ait rien de commun entre Ethiopie et Zimbabwé, Ghana et Mauritanie, entre Dioula et Baoulé, Peuls et Akans.
Qu’importe qu’il y ait des dizaines de pays, immenses et peuplés de centaines de cultures, histoires, et langues différentes, qu’importe qu’on y trouve initiatives, succès, technologies innovantes, médecine de pointe et nombreux talents.
Pour certains béotiens, “l’Afrique” n’est pas assez rentrée dans l’histoire, et restera donc à jamais le cliché “Y a bon Banania”.
Crétins !
Dom
On en a déjà parlé- La bonne nouvelle
- La ferme Célébrités… Conneries, poncifs et Mickaël Vendetta !
- De retour de Conakry
- Back in Africa
- Sans Papier















