Cone head

Le 20 mai au matin, quand les premières contractions démarrent, je suis chez moi, à Abidjan et attends l’arrivée de ma mère, par l’avion de 17h30.

Pas d’affolement, je prends le temps de virer la voisine venue me raconter avec force détails l’horreur de son accouchement (se rappeler qu’il vaut mieux être sourde quand on est enceinte), puis je bois le thé, à la cool, avec mes copines, appelle mon obstétricien, et vit finalement le tout avec beaucoup de sérénité.

En fin d’après midi, placide, je suis toujours là pour recevoir ma mère, dîner avec eux, tranquille, prendre une douche, détendue, et en profiter pour faire ce que voudra faire la sage femme ensuite, me raser, eh oui !

Puis tout aussi calmement nous prendrons le chemin de la clinique, sur le coup de 22h00, parce que bon, quand même, mine de rien, ça commence à piquer, sévère.

A partir de là, le calme, la sérénité et moi allons, comme qui dirait … marquer une pause. Les douleurs sont de plus en plus fortes, et je n’oublie pas que je suis en Afrique.
Autrement dit, si je veux une péridurale, je sais qu’il va me falloir m’y prendre un peu à l’avance.

J’appelle la sage femme, lui demande de faire venir l’anesthésiste, celle-ci lève vaguement un sourcil dédaigneux, me lance un « tchtrouuuuu » bien appuyé (les ivoiriens comprendront ) et me sort un lapidaire : « Ah, Madame, dans la Bible, c’est écrit : Faut enfanter dans la douleur !! »

Ben voyons ! Et après on dira que les propos du Pape sur la contraception n’ont aucune incidence en Afrique… Les minutes s’allongent comme des semaines, comme dirait Cabrel, la vache ! C’est que là, ça fait vraiment, mais alors vraiment mal ! Je repose plusieurs fois la question de l’anesthésiste, ma mère s’y met aussi, avance même son expérience de 20 ans en maternité pour appuyer la supplique (oui, parce qu’à ce moment là, j’en suis à supplier, à genoux même, voyez ?). Finalement, je pète un câble, colle la sage femme au mur et lui dit que si “elleappellepasl’anesthésistedesuitejeluiencolleune
commecelaonseradeuxàavoirbesoind’untoubib”,compris ?

Elle comprend. Et appelle l’anesthésiste.

Qui débarque quelques minutes plus tard, en grand boubou de cérémonie, tout à la fois hilare de me voir très, mais alors vraiment très en colère, et inquiet de louper la prière de la Tabaski, qui doit avoir lieu quelques heures plus tard, l’Aïd El Kebir c’est sérieux.

Mon héros, mon Dieu, mon sauveur, à cet instant je crois que je pourrais l’échanger avec mon homme tellement je suis contente de le voir.
Bientôt finie cette connerie ? Mais qu’est ce qui m’a pris de vouloir faire un gosse ?? Sérieux ?? M’en cogne moi de la Tabaski, je veux ma piqûre !!!!

Ma mère est scotchée.
L’Afrique, m’man, t’inquiètes, l’Afrique…

Puis ce sera au tour de l’obstétricien d’arriver, qui me trouve bien plus détendue, en train de raconter des histoires drôles, avec Ousmane, l’anesthésiste. “Hey, Ousmane, tu connais celle du petit lapin aveugle et du petit serpent aveugle ?” Pas le temps de finir mon histoire, on m’emmène dans la salle appelée pompeusement « salle de travail ».

Tu parles d’une blague, la clim’ marche pas, il fait une chaleur de fous là dedans, et la sage femme sitôt arrivée dans la salle s’assoie sur une poubelle et commence à ronfler. Fort.

Tant qu’à faire.

Ma mère croit à une hallucination.
L’Afrique, m’man, t’inquiètes, l’Afrique…

Moi, je pousse, mais faut croire que c’est pas assez, le doc attrape une espèce de ventouse à chiottes au bout d’une longue chaîne, et annonce une « double circulaire » qui fait blêmir ma mère. En gros, ma Miss E a trouvé le moyen de s’emmêler dans le cordon et de s’en faire une double cravate, c’est qu’elle est maligne et coquette, cette môme !

Je ne vois rien, j’entends rien, ni les exhortations du médecin, ni celles de ma mère, ni les paroles de réconfort de l’homme, ni les « oh merde » quand la chaîne de la ventouse casse à force de tirer dessus comme un bœuf, ni les « ça y est !» une fois la ventouse remise en place, ni même les ronflements plus que sonores de la sage femme.

Ma mère manque de s’évanouir.
L’Afrique, m’man, t’inquiètes, l’Afrique…

Une dernière traction, et ma fille est là, toute gluante, sanglante, visqueuse et déformée.

Le temps de lui dégager le nez, elle hurle, et la sage femme enfin réveillée me la pose immédiatement sur moi tandis que le médecin termine ses petites affaires.

Encore humide de ce ventre qu’elle vient de quitter, ses deux yeux grands ouverts me fixent, je la vois qui rampe, entame son parcours du combattant, un poing fermé après l’autre, reptation de la vie vers mon sein, elle ne me lâche pas du regard, moi non plus. Quelques secondes après être née, elle est fermement accrochée à ce sein qu’elle ne lâchera que 9 mois plus tard, Tiens ! Juste le temps d’une grossesse. Ce jour est le plus beau de ma vie, nous pleurons, nous rions, les deux en même temps.

C’est ma fille, c’est la plus belle du monde, même si durant les six mois qui suivront, à cause de cette fichue ventouse, on l’appellera Cone head.

Dom

Ce billet a été écrit et publié pour Ladies Room dont le sujet m’avait interpellée.

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49 réponses à “Cone head”


  1. une bonne tranche de rire, tu as l’art de raconter!



  2. on s’y croirait dis donc !



  3. J’adore ce récit, vraiment… drôle et émouvant !
    :biz



  4. Il t’a drôlement bien interpellé le sujet… drôle, vivant, palpitant aussi, juste ce qu’il faut de “dramatique” … et surtout trés beau.
    Je dois te dire “les landes, Dom, t’inquiètes, les landes” à quelque chose prés. ;-)



  5. Non, je ne pleurerai pas, non je ne pleurerai pas… je viens juste de me maquiller !
    C’est malin !



  6. je lis souvent silencieuse vos billets, mais c’est bizarre chaque fois que je lis ou voit un accouchement je me sens toute chose. Et là pof, ça marche à tous les coups, je descend de mon netvibes pour dire que je suis là, j’ai lu. Merci pour ce récit.



  7. moi aussi je m’en souviens comme si c’était hier ^^on n’oublie pas …
    Très joli texte ma belle



  8. Je crois que toutes les mères qui lisent ou vont lire ce billet, se rappelleront avec beaucoup d’émotions, le jour de la naissance de leur enfant. Enfin, moi, c’est ce que ça m’a fait. Les larmes montent vite aux yeux dans ces moment là.
    Et que le temps passe vite !



  9. Les HEURES s’allongent comme des semaines, le pauvre Francis doit se retourner dans sa tombe.



  10. j’aime.
    :)



  11. Très jolie texte !

    Et quid de la blague du petit lapin aveugle et du serpent aveugle ? on veut la suite ! :-D



  12. Oh My God ! On s’y croirait.



  13. Nono le robot : Merci ! ça fait plaisir.

    Minimoi ! Moi aussi, j’ai revécu cette nuit là.

    Shalima : Tu m’avais déjà rassurée, mais c’est sympa de me le redire, biiiiz !

    Béa : Qu’importe le lieu, la ville ou même l’époque, l’émotion et l’intensité de ces moments sont les mêmes pour nous toutes je crois.

    Gallïane : Ah ben non, pleure pas, j’ai essayé justement d’éviter le “pathos” qui fait couler le mascara ;-)

    Lavande : Ton petit picto bleu est là pour nous le rappeler. Merci donc pour ce commentaire.

    Amelimelo : Comme tu dis, la vie a beau nous effacer pas mal de choses de la tête, celle là curieusement est intacte comme au premier jour (ou nuit, pour moi) ça fait du bien de s’en souvenir de temps en temps.

    Liz & Frog : Il semble en effet que ce soit le sujet le plus évocateur qui soit, dangereusement parfois puisque, comme je l’indique d’ailleurs dans ce billet, il est propice à tout un tas d’anecdotes pas forcément heureuses à raconter à une primipare.

    Jr : Ouep, mais non, quand t’accouches, les minutes te paraissent déjà des heures, donc…. c’est fait tout exprès !

    Ludo FJ : Merci :biz

    Eamini : Je peux pas la raconter, elle ne peut que se dire (quand je te verrais, promis)

    Anne : je suis sûre que tu te souviens tout comme si c’était hier aussi non ?



  14. Cette histoire méritait d’être contée en effet! :-) (et bien joliment en tout cas, bravo!)



  15. L’Afrique permet-elle aussi d’améliorer ses talents de conteuse ?
    J’ai pouffé de rire à la dernière phrase, comme tout le monde, j’avais oublié le titre. ^^

    (Pour le reste je ne me prononcerai pas, l’accouchement me file une peur bleue et des crises de panique rien qu’à l l’évoquer…)



  16. Qu’est ce que c’est beau!
    Merci pour ce billet Dom!

    ..bon pis je note le “se rappeler qu’il vaut mieux être sourde quand on est enceinte”
    parce que moi je ne connais pas encore :Shy



  17. En plus je parie que Francis n’a jamais accouche, lui…



  18. Merci beaucoup pour cet article et d’avoir participé à la spéciale grossesse ;)



  19. Vraiment une belle histoire, avec ce qu’il faut de drame, de suspens et d’humour…



  20. Camille Fraise : Merci beaucoup :-)

    Lousia : Si j’avais la moitié du quart des talents de certains griots…
    Et nous aussi avons préféré rire de cette affreuse tête de ventouse à chiottes (la ventouse, c’est le mal !!)

    By the way, ta photo du château breton est tout simplement magnifique.

    Kriss : Si tu ne dois retenir qu’un conseil c’est celui là, deviens sourde le jour où tu deviens enceinte !! Entre les bêtises, les horreurs, les trucs dont on s’en fout, et tout le reste, crois moi, mieux vaut !

    JR : Tu crois ? (j’adore ses textes)

    Barb : De rien, le sujet était vraiment tentant.

    MarionFizz : Pas trop de drame tout de même, c’était surtout que du bonheur en barre.



  21. Ta fille a gardé la trace de ventouse 6 mois !?
    Ma soeur ne supportait pas cette marque sur la tête de son fils alors il avait constamment un bonnet ;-)



  22. Habituellement je déteste les récits d’accouchement et j’évite comme la peste ces dames qui aiment raconter comment elles ont bien poussé. Pourtant, ce billet, je l’ai lu jusqu’au bout…



  23. :-D J’adore la sage femme qui ronfle, la chaine qui casse, le boubou de cérémonie qui a sans doute plus de gueule que les tenues bleues ou vertes des anesthésistes en général…

    Et tout compte fait t’a eu du bol d’être en Afrique, en France une double circulaire ils tirent pas, même au prix d’une cone head, ils ouvrent et ma foi je pense que cone head c’est un moindre mal :D

    Bon si un jour je pase dans ton coin je viendrais me faire raconter l’histoire du lapin et du serpent aveugle :-D



  24. excellent !!
    faut dire que le crâne en cône c’est bien plus aérodynamique.
    Miss E la prochaine manodou ??? :-)



  25. ah mais moi, des récits comme celui là, ça m’émoustille tout plein le coeur.
    ouais.
    merci beaucoup :)



  26. Miss Brownie : Oui, la marque mais surtout la déformation, elle avait vraiment la tête en forme d’obus.

    Madame Kevin : C’est d’autant plus sympa alors !! Mais faut dire aussi qu’il parait que je poussais pas beaucoup (dixit mon boubou préféré).

    Cécile Une Quadra : Il parait oui, en France j’aurais eu droit à la césarienne (ce que j’ai eu, en France pour le Wanou).
    Mais bon, ma mère m’a avoué après avoir grave flippé quand elle s’est rendue compte de ce qui allait se passer, et puis non, Miss va très bien, sa tête a repris une taille et forme normale, et elle n’a aucune séquelle de son cordon autour du cou.

    Pour l’histoire, par oral, uniquement !!! :lol :lol :lol

    Phileas : Elle a bien fait de la natation synchronisée, mais non, la pistache, pas son truc. Dit elle. (glander par contre, mais de qui tient elle ????)

    Noisette : C’est gentil, ça remue des souvenirs pour celles qui ont vécu ces moments là, sûr !



  27. Je suis morte de rire, et ça me rappelle quelques souvenirs pittoresques.
    Pas besoin d’aller jusqu’en Afrique pous se faire peur. Dans une clinique très chic ça peut être pareil…
    Sur mon charriot dans le couloir, en attendant qu’une salle de travail se libère à cause de toutes ses rognutuju de bonnes femmes qui ont décidé d’accoucher en même temps que moi… les perfs d’ocytocine pour accélerer parce que ça traîne en longueur cette histoire.

    “Vous allez voir, les contractions vont être multipliée en intensité, mais ne vous inquiétez pas on vous fait la péridurable dans quelques minutes…”
    Minutes de coiffeur, ouais ! Deux heures que je poireaute sur mon charriot, et que j’entre en lévitation à chaque contraction.
    Le papa a été très étonné de m’entendre, moi toujours si policée, hurler dans le couloir :
    “Bon tu vas démouler salope ? Tu la laisses ta place ?” :Shy

    Et une fois entrée dans le saint des saints, l’anesthésiste qui était parti faire un golf, qui me plante enfin l’aiguille salvatrice pendant que je l’assomme de tous les noms d’oiseaux de mon répertoire…
    “Ah bon ? La péridurale ne marche pas ? Normal, c’est un peu tard maintenant…”

    Dire que j’en ai fait un deuxième ! ;-)



  28. C’est très bien écrit et raconté. Je voyais les images.
    Bon sinon ça ne me donne pas envie d’acoucher et surtot pas en Afrique!



  29. Je m’y retrouve aussi.
    Pour Pulchérie je n’étais pas en Afrique mais une maternité dirigée par deux cathos purs et durs et donc il fallait enfanter dans la douleur également.
    Mon accouchement a été moins folklorique que le tien, mais Pulchérie a eu droit, non à une ventouse, mais à un forceps de paget d’où un crâne en pain de sucre également, qui l’a suivi un petit moment.
    C’est après ce grand moment de bonheur que l’on peut rire de “l’avant”
    (le coup de la sage femme, j’ai adoré…) :-)



  30. @Dom :: Le frère de l’Homme avait aussi le syndrôme Cone Head… Ils ont brûlé toutes les photos… Et se marrent encore… Le pauvre ça le poursuivra toute sa vie :lol

    Merci pour la photo ! Je vais en publier davantage, je vais écrire un petit billet sur le château en question, il en vaut la peine. ^^



  31. « tchtrouuuuu » ça ressemble à un petit cri, un petit sifflement ou un truc assez haut perché ?



  32. J’ai appelé mon 2e, tête de cone pendant quelques mois également… pourtant pas de ventouse, mais une tête de cone tout de même !



  33. Pimousse : Pourquoi donc ? c’est un jour extraordinaire au contraire, vraiment. (en Afrique et ailleurs)

    Calpurnia : J’avais cette chance d’ignorer les termes comme circulaire, double, etc, et finalement je n’ai eu peur qu’a posteriori.
    Mais cette journée, comme pour toutes les femmes est forcément inoubliable.

    le coup de la sage femme, elle, elle l’a moins aimé…

    Lousia : Nous aussi on a bien ri, mais on n’a pas brûlé les photos, elle avait une tête énorme en plus, c’est elle que tu vois sur le transat sous la paillotte.
    et j’attends ton texte sur ce magnifique château !

    Angie : C’est comme pour la blague du serpent et lapin, impossible de raconter ou décrire par écrit. Un truc entre le bisou, le pppfuh, avec du bruit, de la salive, un bruit de bouche totalement indescriptible mais qui montre pas mal de choses selon son ton et la forme de la bouche. Dédain, énervement, colère, impatience, doute…



  34. E-Zabel : Sur les photos, on s’en amuse (elle n’aime pas trop mais bon), dans son cas à elle, c’était aggravé par la taille de sa tête. (tête de cone, plus grosse tête, dur à assumer !!) :-D

    Adèle Riner : Certes, c’est bien vrai qu’il n’est pas besoin d’aller loin !! :-D
    C’est d’ailleurs assez amusant de constater à quel point notre vernis de “civilisées” peut voler en éclat dans ces moments là, la sage femme en a eu un aperçu bien physique !



  35. C’est émouvant. Une belle histoire d’amour et j’espère que ta Miss est fière de toi.



  36. Nomdedju… Dans nos maternités aseptisées on a du mal à réaliser ce genre de chose..
    Je comprends pourquoi ta mère a failli s’évanouir..
    Ceci dit ton histoire me rappelle mon propre accouchement pour le deuxième héritier ou j’ai failli faire un étranglement avec double clé de bras après avoir collé la sage-femme au mur quand elle m’a annoncé “non non madame, on peut plus vous faire la péridurale, le col est trop ouvert”..



  37. Remarquablement bien raconté.
    Je serais devenue totalement folle d’angoisse, je crois, dans un tel contexte. J”ai accouché de mes enfants dans des univers à très gros plateau technique et déjà à certains moments, je n’en ai pas mené large !



  38. C’est une très très jolie histoire.
    Et c’est d’autant plus joli que ce n’est pas une histoire.
    :)



  39. Ouais alors y zont plus ou moins le même au Burkina.

    Et puis c’est contagieux. :-)



  40. Lolotte : Je pense qu’elle lira ce post dans la journée, et y laissera un commentaire (pourvu qu’elle me fasse pas un procès pour n’avoir pas poussé assez fort)

    Emanu124 : Et encore, j’étais pas à plaindre, clinique privée, équipements et médecins. Bien loin de l’accouchement en brousse avec les moyens du bord, mais tout de même, retrospectivement on a bien ri (surtout de la sage femme qui dormait en salle de travail, surréaliste !) et comme je savais qu’elle allait me faire le coup du c’est trop tard (comme pour toi) ayant eu des copines à qui c’était arrivé, j’ai préféré prendre le taureau par les cornes, si on peut dire !! :-D

    Marie Hélène : Curieusement, une fois la péridurale faite, j’étais très zen au contraire, mais bon, je ne mesurais pas les risques non plus, et c’est après seulement que j’ai appris à quel point une double circulaire demande de l’urgence, vite vite.

    Balbc : Non, miss E, 15 ans est là pour en témoigner, sûr.

    Angie : Oui, tout à fait, tu vois le bruit ? c’est le même (on le retrouve dans toute l’afrique de l’ouest), mais faut faire bouche serrée. :biz
    je confirme que c’est contagieux, quand je le fais, les gamins savent que ça va chauffer (deh !!)



  41. Très touchant comme naissance.
    Quand on devient mère, on en vit de ces trucs!


  42. Carole

    J’avais eu la version racontée par ta douce voix et déjà j’avais bien rigolé, mais j’adoreeeeee aussi la version écrite ! :lol
    Grosses bises à toute la Family ! :biz



  43. J’aime bien ton récit :lol



  44. Oh mon dieu, l’Afrique, Dom, l’Afrique !
    Excellent texte, par ailleurs…
    Mais waouh, l’Afrique :)



  45. Dom, tu connais certainement “La Chouette” de Linda Lemay ? Ca m’a fait directement penser à cette chanson, ton histoire ! :-)

    http://www.youtube.com/watch?v=GGfxqsgpe64

    Ma Chouette

    Y avait toute la famille dans la cafétéria
    Ça prenait des paris, certains disaient ” Ce sera
    sans aucun doute une fille ” parce que j’te portais bas
    Même si l’échographie me prédisait un gars

    Et puis y avait ton père exalté comme une femme
    Entre la crise de nerfs et puis la crise de larmes
    Impatient comme un cheval derrière la barrière
    Qui piétine la terre avant la course finale

    Et y’avait l’infirmière, tranquille comme un poisson
    Diplomée en matière de respiration
    Qui m’flattait la jaquette pendant les contractions
    Et qui m’appelait ” ma chouette ”
    Comme si c’était moi l’poupon

    Et bien sur, y avait moi, moi la chouette en question
    Tremblante comme un soldat qui va combattre au front
    Comme une brebis frileuse qui veut pas qu’on la tonde
    Comme une poule couveuse qui sait pas comment pondre

    Finalement y avait toi, toi qui voulais sortir
    Tant pis si c’est étroit, tant pis si ça déchire
    Pressée comme la police en pleine chasse à l’homme
    Toi, la star en coulisses, j’allais t’voir en personne

    A l’heure où, pour être franche, moi j’en avais plein l’col
    Y avait une petite balle blanche, qui prenait son envol
    Sur le grand terrain d’golf, où s’promenait mon docteur
    Qui entendait pas sonner l”téléavertisseur !

    Y avait toute la famille dans la cafétéria
    Ça mangeait des croustilles, ça buvait du cola
    Et puis y avait ton père que je sentais faiblir
    Qui savait pas quoi faire et encore moins quoi dire

    Et l’infirmière inquiète qui regardait filer l’heure
    Qui m’répétait “Ma chouette, on trouve pas ton docteur”
    Et y avait moi la chouette qui gueulais dans la chambre
    Débarque de ma jaquette ou bien j’te casse les jambes

    Puis y avait l’médecin d’garde qui est venu à la rescousse
    De la pauvre garde-malade, qui osait même plus me dire “pousse”
    C’est à ce moment précis qu’tu t’es sorti la tête
    Ton père s’est évanoui et l’infirmière m’a dit
    “Un dernier effort ma chouette”

    Quelques secondes plus tard t’étais contre mon sein
    Avec ton petit regard bouffi, qui cherchait l’mien
    Ton papa tout baba, pleurait comme un gamin
    En mettant son gros doigt
    En dessous de ta p’tite main

    Il a r’joint la famille qui brûlait de savoir
    Il a dit “C’est une fille” a sorti les cigares
    “Elle a des petites fossettes, elle a les cheveux noirs
    Une belle petite grassouillette de huit livres et quart”
    Aujourd’hui ma fillette, c’est ton anniversaire
    T’en as plein la bavette de ton beau dessert
    En fait depuis ta naissance y a qu’une chose qui m’inquiète
    C’est qu’parfois j’ai tendance a t’appeler “ma chouette” !!!



  46. Ah le “deh”, quelques jours chez môman en Hélvétie et ça me manque déjà. :-)

    Sinon, y a le “yeeeeeuh”, un truc dans le genre, en cas de grand étonnement.



  47. On rigole, on rigole, mais en attendant , tu as dû dérouiller sévère et transpirer à grosses gouttes… J’aurais vraiment pas aimé être à ta place, moi la casanière qui pond ses oeufs à la clinique bien proprette!



  48. [...] ce soit pour mon premier accouchement, ou encore dernièrement, lorsque mon cher et tendre a trouvé malin de passer à travers une baie [...]



  49. Merci pour avoir raconté cette histoire. Je ne sais pas dans quelles circonstances naîtra ma fille, le travail commence doucement … Tout sera bientôt prêt pour l’accueillir (j’ai l’impression que le col se raccourcit), je n’attends plus qu’elle.
    La seule chose pour laquelle je suis certaine, c’est que ce sera une merveille - comme son frère.
    Des Bises !


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