Desunidimensionnalisons-nous !

On est tous embringués dans la course à l’échalotte.

Du gamin qui rapporte son bulletin de notes à qui on demande : et Lucie, elle a combien lucie ?? Même après avoir râlé que « les autres ont s’en fout » pour 8 de moyenne en maths.

Pas très cohérent, mais que le parent qui ne s’enorgueillit pas que son rejeton soit premier de la classe me jette la première pierre.

Pourtant cette compétition permanente, initiée dès le biberon : et à quel âge il a marché ? il a parlé à 12 mois ? aaaaaaaaah, le mien à 11, et toc ! poursuivie en primaire et entérinée au lycée, ça va donner quoi ?

La course à l’échalotte pardi ! Il faut être number one, tout le temps, partout.

Quand on grandit avec cette pression du il faut réussir à tout prix, être le meilleur, gagner, on s’interdirait presque une fois adulte, de se faire plaisir.
Pourquoi dessiner, écrire, jouer de la guitare, si c’est pour être moyen.

La compétition est partout, elle pourrie tout, elle te fait te sentir minable alors que zut ! Pourquoi toi aussi tu n’aurais pas le droit de t’exprimer, même si tu n’es pas Picasso ou Verlaine.

Renoncer à être le premier, pour n’être que soi, avec ses lacunes, ses défauts, mais aussi ses envies, et ses passions et du coup, faire ce qu’il me plait, parce que ça me plait, point barre.

J’espère avoir compris la leçon, et ne pas enseigner à mes enfants à être les premiers, mais à être eux-mêmes, à respecter les différences des autres, et à ne concourir que contre eux-mêmes.

Dom

*Merci à Albert Jacquard pour le titre, ses leçons de vie, et son apologie de l’erreur !


Quelques citations :

Tout concours est une trahison.

Ce qui compte, c’est d’apprendre à se rencontrer.

C’est quand on se trompe qu’on commence à avancer.

Etre plus soi-même en explorant l’autre.


Vous en voulez plus :

Un extrait de la conférence ici

Les autres, là.

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9 commentaires à “Desunidimensionnalisons-nous !”

  1. mercutio dit:

    c’est la croix et la bannière pour vous laisser un message, les filles! ça fait plusieurs fois que j’essaie, ça marche une fois sur 5!

    juste pour raconter comment se passe (parfois) les concours de théâtre – genre, conservatoire de paris ou classe libre aux cours florent…

    vous jouez votre scène, et des fois, à deux mètres devant vous, les examinateurs peuvent parler à haute voix de votre prestation… non seulement c’est humiliant, mais en plus ils ont du oublier l’espace d’un instant que le propre du théâtre, c’était l’échange et l’écoute…

    grrrrrr… j’aime pô les concours, moi!

  2. Dom dit:

    >> mercutio
    Tout d’abord merci pour la citation dans tes blogs du jour !!
    Pour ton commentaire, ca me rappelle le concours d’entrée à Boulle, où un jury (qui s’avéra super sympa par la suite) démolissait consciencieusement les travaux personnels que nous présentions. Histoire de voir si nous étions capables de nous défendre, et si nous étions assez "forts" pour subir les pressions des métiers dits artistiques.
    Mais nous au moins, on pouvait répondre.


  3. Hello,

    Tu as bien raison. J’espère aussi ne pas tomber dans ces travers avec ma petite puce … On verra!

    J’ai également toujours voulu faire pleins de trucs (apprendre la guitare, le dessin,…) pour plaire à mon père! M’aime-t-il moin parce que je n’ai jamais été au bout de ces essais? Je ne pense pas!

    A bientôt;

    Mélanie

     

  4. Julien dit:

    L’école est le lieu de la transmission des savoirs et on y apprend la compétition, vous le savez .

    Il ne faut pas proposer aux enfants d’apprendre à lire dans le but d’avoir une  bonne note en lecture, mais dans le but d’être capable de rencontrer ceux qui ont écrit.

    C’est encore de A .jacquard  dans son livre: Nouvelle petite philosophie.

    à conseiller.

  5. Dom dit:

    >> Melanie :
    Aimer ses enfants pour ce qu’ils sont , pas pour ce qu’on voudrait qu’ils soient, ils n’en seront que plus heureux, sans aucun doute.
    >> Julien
    L’école est effectivement un lieu où on apprend la compétition, et merci pour la citation de A. Jacquard.
    J’essaye de donner à mes enfants l’envie de lire, pour lire tout simplement.

  6. julien dit:

    Te fais pas trop de soucis, avec une Mère comme toi, je suis sur que tes petits « chenapans » sont en bonnes mains.

    Amicalement.

  7. Oliv dit:

    J’ai depuis longtemps laissé tombé la compétition, parce que je suis moyen en tout (et je ne m’en porte pas plus mal), et puis être « number one » c beaucoup de pression pour rien… Je me vois plutôt du côté des « losers » par comparaison aux « winners », tous ces petits peigne-cul avec leur dents qui rayent le parquet et leurs airs suffisants, qui au final se privent de pas mal de choses pour une petite gloriole bien éphémère… LOSER POWER!!!

  8. B. dit:

    Jacquard  est précieux car il accepte de passer pour naïf, et de jouer les Don Quichotte dans un contexte où le cynisme est roi. (Cela dit, est-ce lui qui dirait : « faire ce qui me plait, parce que ça me plait, point barre. » ???)

     

    La compétition n’est pas forcément mauvaise – à deux conditions : que participer à la compétition me soit déjà bénéfique en soi ; et que je ne sois pas atteint plus qu’il ne faut si je ne suis pas dans les premiers. Exemple : je peux peindre si cela est important (ou seulement plaisant) pour moi, et me comparer à Picasso sans être du tout humilié – je suis même heureux pour l’humanité que Picasso ait été un peintre infiniment plus intéressant que moi !

     

     

    Dans une autre conférence de Jacquard, je relève cette parole : « …une société où l’autre – tous les autres – ait sa place, au même titre que moi. ». Prise au sérieux, prise au pied de la lettre, cette parole est littéralement révolutionnaire ; à garder à l’esprit à l’école comme au lycée ; à garder à l’esprit dans l’éducation de nos enfants…

     

  9. Casimiri dit:

    whaow merci de partager ça avec nous ! super note, le sujet me parle beaucoup. La compétition à tout crin surtout pour les enfants pourrie la vie. Les enfants ont droit à leur part d’enfance, d’insouciance – ça rime c’est pas pour rien. La compétition oui pour ce qu’ils l’ont choisi, pas pour tout le monde…