La marâtre
Notre premier visiteur est arrivé à Dakar vendredi soir, fourbu de son long voyage et chargé comme un mulet.
C’est dingue le nombre de conneries qui peuvent manquer quand tu ne peux plus les acheter !
Tiens, comme la recharge de la brosse à dents électrique ou la pince-crabe à cheveux introuvables ici.
J’en profite par ailleurs pour remercier ces messieurs dames de la Poste qui, n’ayant plus depuis longtemps le courage de monter quelques étages pour s’assurer de la présence d’un destinataire, ont pris, du moins à Boulogne, la désormais fâcheuse habitude de ne même plus signaler leur passage.
Tant qu’à faire, c’est tellement plus drôle de deviner.
Ce qui m’a obligée, moi, à suivre tous mes envois postaux, à donner à chaque fois les numéros de suivi collissimo et dans l’histoire, de laisser passer juste le plus important d’entre eux, celui de ma carte graphique, qui du coup est retournée chez le marchand de cartes graphiques.
Sérieux : Big Up la Poste !! Limite, je voterais pour votre privatisation, si jamais par le plus grand des hasards, monsieur du gouvernement pensait à me le demander.
Bon, ceci étant dit, revenons à nos moutons.
Tiens, en parlant de moutons, c’était l’Aïd ce week end, je vous raconte pas …
Oups ! je disgresse encore !
Donc, disais-je, nous avons reçu notre premier visiteur.
Tom.
C’est mon beau-fils, sens propre et sens figuré.
Et donc, si lui est mon beau-fils, forcément, je suis sa belle-mère, ou plus exactement, comme j’aimais à me présenter pour faire ma maligne quand il était petit : Sa marâtre.
Littéraire I. −Subst. fém. A. −Femme du père, par rapport aux enfants nés d’un précédent mariage.
(Dict. xixe et xxe s.).
Oui, comme dans Blanche-neige ou Cendrillon.
La méchante belle-maman, seconde épouse du père.
Et si marâtre a un sens négatif aujourd’hui, c’est bien la faute à Disney, car à la base, c’est l’exacte définition de ce que je suis pour lui.
Lui autrefois, m’appelait jolie maman, certes, c’était plus mignon, mais tellement moins rigolo.
Faut dire qu’avec nos deux prénoms on avait de quoi rire, Dom, Tom…
Sans compter les quiproquos auditifs qui nous faisaient répondre tous deux : Ouiiii ??
Quand l’un de nous était appelé.
Tom, je l’ai connu haut comme trois pommes et en partie élevé puisque il a vécu une grande partie de sa vie en Afrique avec nous.
Je l’ai vu grandir, beaucoup, devenir l’homme qu’il est aujourd’hui, je l’y ai même un peu aidé, certainement.
Nous avons eu des moments de joie, des conflits, des disputes, des histoires bonnes et d’autres plus mauvaises, des grandes discussions enflammées, des complicités aussi, tout ce qui fait l’histoire d’une famille normale.
Nous partageons des souvenirs, comme ce jour où nous avions bravé l’océan et failli nous noyer tous deux, désespérément agrippés à son body-board, lui, petit bonhomme, tentant de me prouver son courage et moi tentant de lui cacher ma panique grandissante.
J’ai en tête ses premières bêtises, comme la fois où voulant jouer à Robin des bois, il avait mis le feu au toit de notre cabanon et nous avait fait une belle peur (autant qu’une belle colère, après).
Des moments d’émotion, tel ce jour où nous avons quitté en urgence Abidjan, lui déjà grand, cachant ses larmes et protégeant son frère et sa sœur de l’angoisse qui nous serrait la gorge.
Quand on se met avec quelqu’un qui est déjà père et que cet enfant, qu’on n’a pas voulu ni mis au monde, arrive dans notre vie, ce n’est certes pas un choix mais cela devient une évidence.
Car même si il a une mère aimante et présente, il est aussi mon fils, au même titre que Miss E, ou le Wanou.
Au fil des années, de le voir changer, de m’inquiéter de ses errances ou me réjouir de ses succès, être fière de ce qu’il est, et attendrie de ses failles, m’a rendue autant mère que d’avoir donné naissance.
Et là j’ai 15 jours pour en profiter !
Dom
Le truc en plus : Le concours “Fouette-moi” est désormais terminé, ça s’est battu, beaucoup, ça a voté, beaucoup, ça s’est disputé, un peu, mais l’important était le jeu, et lui seul.
Comme l’a dit Maître Manjdar en venant apporter l’enveloppe, ça a été très serré, les candidats se sont bien battus, il y a eu des retournements de situation, et finalement tout s’est joué dans les dernières minutes !
Merci encore à tous les participants et votants.
La gagnante du Fouet Robust de Philips est donc :
L’instant gourmand
Et, cherry on the cake, en lot de consolation, une surprise attend la seconde : Karine
Merci à nos deux gagnantes de nous envoyer vos coordonnées postales par mail : menageredemoinsde50ans@yahoo.fr
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Profite bien de la visite.
Marâtre il est vrai que cela sonne mal désormais.
D’un autre côté DANS CERTAINS CAS : belle mère aussi.
On ne sait plus à quelle brosse à dent se vouer…
Comme tu le dis bien…
Marâtre moi aussi avec l’ainé je me sens comme toi, hélas avec le cadet c’est différent, il refuse tout contact avec nous depuis qu’il a 13 ans, pour moi ce n’est pas gênant outre mesure, ça évite les conflits perpétuels qu’il s’ingéniait à créer mais aussi les moments où il oubliait d’être désagréable et me révélait le môme sympa qu’il peut être, il a 19 ans aujourd’hui et le plus difficile c’est que son père non plus ne le voit plus puisque le gamin refusait aussi de le voir lui même si je n’étais pas là pour les “encombrer”.
Cette année notre fille est contente elle aura un de ses grand frère (23 ans) avec elle pour Noël et moi je suis contente de le revoir et de faire la connaissance de sa nouvelle copine
Entre ton beau-fils et sa marâtre, il est heureux que la sauce ait si bien pris.
Bonne quinzaine alors !
mais t’as envie de me faire chialer de bon matin hein ? je suis hyper sensible des yeux en ce moment c’est dingue….
c’est très beau ce que tu dis sur tom….les liens du coeur sont souvent aussi importants (et j’irai jusqu’à dire des fois beaucoup plus importants) que les liens du sang…
gros bisous mami dom et profites à fond…
okalesyeuxsensibles
moi j’ai une vraie Marâtre, pire que dans les dessins animés…. ^
Un très joli billet sur l’amour d’une marâtre pour son beau fils
C’est bien de lire une relation qui se passe bien car ce n’est pas toujours le cas …
les familles “tuyau de poêle” comme j’appelle ça, ça peut être très sympa
Je comrpends enfin le sens de ton dernier mail ! :)
C’est beau cette déclaration parce que oui, c’est une belle déclaration d’amour..; c’est chouette (parfois) les familles recomposées !
On sait de quoi on parle chez les Murmures…
Profite bien de ton p’tit gars ! ;)
très jouliement raconté ta tranche de vie du jour ;
merci encore à tous les papas & mamans en plastique (humour de molécule number one) qui ont accueillis nos têtes blondes !
ps : même pas juste votre concours ! j’étais quasiment la seule à m’être battu avec un fouet à main !
:)
besitos jeune fille ;
Tu sais que t’es pas mal comme marâtre !
Moi aussi je suis tantôt la “jolie maman” et tantôt la “marâtre” des deux garçons de M-Chéri. C’est pas tous les jours facile mais les années passant, ce sont devenus mes “quasi fils” et les “quasi frères” de Melle … C’est un bien joli billet que tu as écris et profite bien de cette quinzaine.
Calpurnia : Il y a des marâtres qui n’en sont pas, et des belles mères qui n’ont de belles que le nom.
On est d’accord
Vive le dieu des brosses à dents !
Cécile une quadra : Pas toujours simple en effet, mais que de gâchis dans ce que tu racontes, un père qui ne voit pas son fils, un fils qui loupe des années avec son père, une petite soeur qui n’a qu’un frère quand elle pourrait en avoir deux.
Pas possible de mettre les choses au milieu ?
Nous on a la chance d’avoir des enfants et beaux enfants qui s’entendent bien, et même si cela n’a pas toujours été facile, les liens sont solides.
Bon courage à toi !
Galstar : Je suis assez liante comme fille..
Cath : Oui ! Sûr !!
Oka : Parce que ce post fait écho à ton histoire personnelle, donc forcément elle réveille certaines choses, je connais ton histoire un peu et donc j’imagine bien que cela a du sens pour toi.
Oui, les liens du sang sont forts, mais pas autant que ceux du coeur, c’est cliché mais c’est bien de le rappeler !
Amélimélo : Fais ce que je fais dans ces cas là, raye-la de ta vie, un bon coup de balai et zou !!! Les ressentiments et la colère ne rongent que ceux qui les ressentent, l’indifférence est tellement plus agréable, comme l’oubli
En ce qui me concerne, c’est le choix que je fais, et c’est tant mieux !
Miss Brownie : Non, tu as raison, cela ne se passe pas toujours bien, mais faut y croire et se dire aussi que tout peut s’arranger.
Cela dit, faut que les deux côtés soient d’accord pour cela !
Phileas : Comment vas tu ??
Gallïane : Oui, entre boulot et beau fils…
et petit gars d’1m83, pas si petit tout de même
Dumé : Certes, tu es la seule à avoir fouetté cocher !!
et je t’envoie la carte (dès que le marchand de cartes m’aura répondu)
Mamzelle Scarlett : Ca dépend des jours, et de l’âge du capitaine…
Lolotte : Et plus ils grandissent, plus le lien se renforce.
Tom a une soeur qui n’a pas vécu avec nous, c’est vrai que ce n’est pas pareil, je me sens plus proche de lui, tant de choses partagées, mais cela ne m’empêche nullement d’aimer aussi sa soeur
finalement, c’est grand un coeur !!
et bien, profites-en, de ces 15 jours, alors!
et bravo aux gagnantes!
lolll j’aimerais bien mais comme elle a réussit à nous spolier en faisant signer un truc sur le lit de mort de papa..la bataille ne fait que commencer ^^
C’est en quelque sorte une “adoption” non choisie et bravo elle a l’air réussie. Profitez bien.
Ho qu’il est touchant ce billet… profite bien de ton “beau” fils, je l’ai vu en photo, je confirme !!
bon, ben on peut pas gagner à tous les coups, hein?
moi je n’ai pas de beau fils….MrD et moi avons commencé à faire des enfants en même temps et, ça tombe bien, ensemble……mais tu arrives bien à faire passer ce que ça doit être…..c’est vrai que les liens tissés au cours des années peuvent se révéler super forts….
Ton texte est très beau, il m’a beaucoup touchée

Tom a de la chance de t’avoir comme marâtre
Beaucoup d’émotions et de douceur dans cet article :)
Bon séjour à Tom auprès de Dom :)
ra la la…, tu vois, quand tu écris ça : “Car même si il a une mère aimante et présente, il est aussi mon fils, au même titre que Miss E, ou le Wanou.
Au fil des années, de le voir changer, de m’inquiéter de ses errances ou me réjouir de ses succès, être fière de ce qu’il est, et attendrie de ses failles, m’a rendue autant mère que d’avoir donné naissance.” ben ça fait tout chose dans mon petit coeur… car je ne me l’autorise pas… (encore ?)
Voilà 18 mois que je suis avec son père, qui s’occupe très bien de mes propres (3) enfants, mais moi, je n’arrive pas à l’intégrer dans la fratrie, je dis toujours 3 + 1, quelques fois le 4 m’échappe mais bien vite, je me dis “qui tu es pour dire qu’il est ton fils ?”
Oh, il est magnifique ton article !
Camille : On y travaille !! dur ! (comme toi donc)
Amelimelo : De tout coeur avec toi (je te fais confiance
)
Prune : Assez, oui, je l’ai pas trop traumatisé on dirait !!
Shalima : Yep, et il est encore mieux en vrai
Babeth 59 : Une prochaine fois ?
Et parfois c’est la vie qui choisit, pas nous.
Annouchka : Ca j’en sais rien, c’est à lui qu’il faudrait demander (ça va, il se plaint pas trop
)
Cathnounourse : Merci, on va faire, promis.
Plume vive : Parfois j’hésite, je répondes deux, ou trois, ou deux et deux en kit (oui, il y a encore une grande soeur), mais finalement et il le sait, c’est mon fils, alors je précise juste que je l’ai pas fabriqué.
Ce sont des liens qui se font avec le temps et donc rien ne presse (en ce qui te concerne)
la Mère Joie : C’est gentil, merci.
Très jolie texte. J’ai un grand frère comme ça, un demi en fait mais un vrai grand frère. Ma mère a toujours dit que ce n’était pas simple tous les jours mais quand on nous demande on dit toujours qu’on est 4 enfants et pas 3+1!
Quant à l’expatriation, aux Pays-Bas (qui est nettement moins loin que le Sénégal) je me faisais livrer du Saucisson!!
Et aussi bravo à Karine pour le robot!
Très touchant ce billet.
J’ai eu un “parâtre” pendant plus de 10 ans, et bien qu’il ne fasse plus partie de la famille, je le considère toujours comme quelqu’un d’important.