La révolution twitter
« Il n’est quasiment pas un jour sans que je reçoive une notification m’informant que quelqu’un ‘vous suit sur twitter ! ». Ce qui me laisse un peu perplexe étant donné que je ne ‘twitte’ pour ainsi dire jamais - ‘twitter’, autrement dit faire connaître au monde sa moindre réflexion, le moindre de ses actes en 140 caractères maximum.(…) »
Voila l’introduction d’un article consacré à ce média social ou « chat instantané » qu’est twitter sur Courrier International. S’ensuit une longue litanie sur le mépris que ce journaliste portait à twitter en premier lieu avant de reconsidérer la question de son utilité, notamment lors de la crise iranienne.
Bon, moi ce qui me laisse un peu perplexe c’est cette propension des média, censés renifler l’air du temps et relayer les tendances, à découvrir ce type de phénomène des années après tout le monde.
Déjà avec les blogs.
En ce qui nous concerne, nous sommes dans notre 4è année. Nous avons découvert ce support de libre expression par le « yeux à oreilles » (comprendre en surfant sur la toile mondiale et en en entendant parler).
Et, petit à petit, nous avons vu leur impact s’accroitre.
D’abord par quelques articles de presse mettant en exergue ce nouveau “type de communication”, suivi par quelques brèves dans des magazines télévisés… Le tout avant de devenir les « chouchous » des marques. Qui mieux que monsieur ou madame tout le monde peut vanter (ou pas, n’oublions pas la liberté d’expression des blogueurs qui ne sont justement pas inféodés aux mérites de tout type de produits) les avantages de tel ou tel produit ?
Bref.
Et aujourd’hui twitter.
La plupart des utilisateurs s’en servent depuis fort longtemps.
Or là, une suite de manifestations, des informations fondées « en live », des brèves percutantes puisque limitées à 140 caractères, le tout dans un pays relativement fermé et surtout avec très peu de reporters sur place pour couvrir l’évènement, et hop c’est la lutte finale révolution mondiale, la révolution twitter !
Bon, mesdames, messieurs les journalistes, à quand de l’information en avant première ?
Manou
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Je sais que Pulchérie sévit sur twitter (entre autres)…

Mais si je lui demande des précisions, elle va me rire au nez.
Déjà que je me perds dans mon propre facebook…
PREM’S !!!
Oui, bon, ça ne s’arrange pas…
de l’info en avant-première? non.
j’ai l’impression que désormais, y’a deux choses complètement différentes, et que les phases “informations” et “avant-première” ne sont plus juxtaposables.
les bloggueurs vont filer le scoop, les journalistes vont le développer, trois plombes après.
Au risque de paraître ringarde, je ne twitte pas… je ne sais même pas comment on fait.

L’information immédiate, la communication en temps réel, c’est bien mais je pense qu’ensuite, il faut prendre du recul par rapport à l’évènement pour pouvoir le conprendre. Sinon, c’est la porte ouverte à toutes les propagandes et à toutes les désinformations.
Le citoyen lambda qui assiste à un évènement peut effectivement le relater à chaud et en quelques mots… quoique…
Mais ce serait à mon avis, le rôle des journalistes, de recouper l’information, de la vérifier et de l’analyser parce que cela prend énormément de temps.
Mais voilà, ils le font de plus en plus rarement. Ils se contentent de “surfer sur l’actualité”, de reprendre - avec retard, je te l’accorde - ce qui se dit, à mettre sur papier ou en images, ce qui se joue ailleurs pour les quelques attardés qui n’y vont pas, ailleurs !
Manou, quand tu dis “A quand l’information en avant-première ?”, j’ajouterais ” et à quand un travail en profondeur ?”
Je pense que toutes les visions du temps sont bonnes mais qu’elles doivent coexister pour nous donner une compréhension correcte, pour éclairer l’immédiateté à la lumière de l’intemporel…
Ouf, je fais dans le philosophique ce matin, je ne dois pas encore être bien réveillée
Les journalistes sont finalement payés pour faire vendre le support pour lequel ils écrivent (mal, la plupart du temps) …
On aimerait qu’ils nous fassent découvrir des sujets passionnants … mais bon … c’est pas grave, nous on est là, on va s’en occuper
Mes deux fils sont journalistes, et je vous assure que leur travail ne consiste en rien à diffuser l’écho du net …
Nous parlons de nos impressions sur la vie, ils (les journalistes) s’affairent à nous justifier l’évidence des faits …pas toujours gais, pas toujours tristes, des faits tout simplement sans y joindre leurs états d’âme …
Je suis entièrement d’accord avec Catherine et Alexa au sujet des bloggueurs, des journalistes et de leurs rapports avec l’argent. J’ajouterai que si les journalistes ont en effet la possibilité de faire une analyse en profondeur ils sont malheureusement inféodés à la nécessité d’être visibles et rentables; en l’absence de revenus, pas de possibilité aux journalistes de s’exprimer; cela a toujours rendu l’existence d’un journalisme indépendant très précaire (difficile mais pas impossible). Pour ce qui est des bloggueurs, s’ils peuvent être au plus près des évènements ou d’en être témoins directs, ils ont souvent un parti-pris (mais qui n’en a pas?) et peuvent même participer à des “mouvements de foule” webesques (paniques ou rumeurs). Il y a des qualités et des défauts à ces deux sources d’informations.
Donc… chacun peut sereinement continuer à rester attentif, ouvert et critique.
Et ce ne sont pas les plans sociaux successifs des groupes de presse qui vont arranger ça.
La presse papier est moins lue, donc moins achetée, donc moins de marge de manœuvre…
Bientôt, ils vont nous faire un papier sur la toute dernière technologie : la télé.
C’est vrai, on a l’impression que parfois les médias enfoncent des portes ouvertes.

Ou découvrent des trucs 25 ans après tout le monde.
Mais c’est parce que nous sommes over-branchées, darling..
le truc avant-gardiste aurait été de d’écrire un article sur “ces gens qui ne twittent pas encore (et ne savent même pas ce que c’est exactement!)”… j’uarais pu témoigner
Je reviens juste de vacances, et j’ai justement lu cet article dont tu parles, et dans le meme temps, j’ai lu le dossier special sur l’evolution et les perspectives du journal papier (CI du 24 juin) et du coup ca ne donne pas tout a fait la meme saveur a l’article.
Dans mon souvenir cet article n’était pas tant a charge que ca, reconnaissant notamment que la restriction a 140 caracteres bien que peu naturelle permettait quand meme une certaine precision.
A mon avis, les journaux ont par rapport a Internet la reflexion par rapport a l’instantaneite, en plus, c’est un peu plus accessible, et la mémoire est un peu moins volatile : tous les journaux ne servent pas a allumer les barbecues…
TWITTER, je dis: surprenant…
http://ysengrimus.wordpress.com/2009/06/01/twitter-represente-t-il-la-mise-en-place-tranquille-du-totalitarisme-volontaire/
TWITTER, je dis: prudence.
C’est marrant, je me faisais la même réflexion…. emanu124 a raison, c’est parce qu’on est au top de la tendance ;)
Je me pose clairement la même question