Liberté, liberté chérie.

« On vit dans une société de soumission » a dit en conclusion la journaliste et agrégée de philosophie, Géraldine  Muhlmann (fort jolie d’ailleurs, j’envisage sérieusement de copier sa coupe de cheveux à défaut d’entamer un cursus de philo) dans le débat qui a suivi le documentaire « le jeu de la mort ».

(elle déchire sa coupe, non ?)

Peut être avez vous vu ce documentaire, ou pas, mais il semble difficile d’avoir échappé au battage médiatique qui l’avait précédé.
Sur Twitter, le débat était tout aussi enflammé, entre ceux qui trouvaient qu’il s’agissait là d’une télé poubelle tout aussi racoleuse que ce qu’elle dénonçait, une « enfonçeuse » de portes ouvertes, et d’autres qui pensaient qu’il y avait là matière à réflexion sur ce pouvoir puissant qu’est aujourd’hui la télévision.

Et entre les deux, foultitude d’opinions diverses et plus ou moins tranchées.

J’en reviens à cette histoire de soumission, car ces mots m’ont fait presque plus réfléchir que l’ensemble de l’émission.

Soumission à l’autorité : Obéir à nos parents, à nos enseignants, ce qui est une des règles qu’on nous inculque dès notre plus jeune âge, mais également soumission au groupe, à la règle sociale, nous intégrer dans ce qui fait notre société.

Faire partie du groupe, correspondre aux critères de celui-ci, qu’il soit social, culturel, religieux, ou modesque.

La marinière est à la mode ? Achetons tous notre marinière !
(bon, ça va, je plaisante, d’ailleurs moi même, j’ai craqué tout pareil)

Je n’ai pas été surprise des résultats de ce documentaire et par le peu qui ont osé braver l’autorité, qu’elle soit représentée par l’animatrice, la pression du public ou par l’attrait du « je passe à la télé » (sans parler de l’intérêt à gagner un million d’euros en torturant à mort son prochain).

Non pas que je pense que les gens sont des veaux, mais plus que la pression était dans ce cas là si forte, et c’était parfaitement démontré, que dire non relevait presque de l’exceptionnel.

Ce documentaire renvoyait à l’expérience de Milgram, et faisait bien sûr penser à l’holocauste et à ces milliers de personnes qui ne se sont vues que comme des rouages non responsables dans la grande machine de la Shoah.

Plus proche de nous, il nous renvoie à ce pouvoir qu’est aujourd’hui la télévision en particulier, et les médias en général. Ce pouvoir télévisuel qui, à mes yeux en tout cas, est le nouvel opium du peuple, un bon anesthésiant qui vend effectivement du temps de cerveau disponible.
Qu’aurais-je fait moi même ? Je n’en sais rien, si ce n’est peut être de ne pas me présenter à un tel jeu.

Bien sûr, nous possédons notre propre capacité à juger et avons toujours le choix de ne pas regarder, éteindre la télé, ou si nous la regardons, de garder une distanciation nécessaire par rapport aux images.

Cette distanciation, c’est comme notre libre arbitre, précieux présent fait à l’homme qui nous permet de réfléchir, de peser la balance entre ordres donnés et nos valeurs morales, et de choisir en toute conscience.

Mais au delà de la soumission à l’autorité, il me semble aussi qu’il y a la soumission à la « normalité ».
Beaucoup des candidats d’hier ont parlé du comportement « normal » qu’on attendait d’un candidat à un jeu de télé réalité, refuser de continuer c’était aussi briser cela.

Depuis tout jeune, nous devons entrer dans les petites cases, avec une jolie étiquette dessus.
Etre comme les autres c’est se faire accepter par eux et quand ce n’est pas le cas, se met alors en route une mécanique de rejet ou de remise à niveau.

A nous parents, sans doute, de transmettre à nos enfants suffisamment de confiance en eux pour qu’ils sachent le moment venu, être eux-mêmes et savoir dire non.
A nous aussi de les laisser cultiver un peu de leur différence, de leur originalité qui feront d’eux des êtres « Ã  part » et leur permettront non seulement de croire en leur propre jugement mais aussi de laisser davantage cours à leur créativité personnelle.

A nous enfin de leur apprendre à braver l’autorité quand ils l’estiment injuste et de cultiver chez eux leur libre arbitre, même au risque de conflits.

J’ai le souvenir quand j’étais enfant, parce que ma mère m’avait toujours appris que personne n’était infaillible, que personne n’avait à m’obliger à ce que je ne voulais pas, d’avoir, alors que j’étais hospitalisée pour une maladie qui faisait le bonheur des médecins, vu entrer dans ma chambre d’hôpital, un grand monsieur en blouse blanche, suivi d’une cour d’étudiants en médecine également en blouse blanche et qui m’avait ordonné, sans même m’avoir dit bonjour, de me déshabiller.

Ni explications, ni gentillesse, juste cet ordre.

j’avais 12 ans, et je lui ai dit non, et rien n’y a fait, ni les infirmières me traitant d’enfant gâtée, ni le médecin et sa grosse voix, je n’ai pas cédé.
Et plus tard, quand mes profs me reprochaient encore, mon « foutu caractère », je leur répondais toujours qu’il valait mieux un « foutu caractère » que pas de caractère du tout.

Et aujourd’hui, que me voilà mère à mon tour, je tente (parfois sans succès) de transmettre cela aussi à mes enfants, même si je suis souvent la première à le regretter.

Dom

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25 commentaires à “Liberté, liberté chérie.”

  1. Galstar dit:

    Il me semble que la notion de soumission est biaisée dans cette émission car les participants sont présent justement pour fleurter avec leurs limites au prix d’une certaine vénalité et les spectateurs sont présents pour y assister et voir jusqu’où ça ira pour satisfaire une forme de sadisme morbide.
    Ensuite pour le caractère, il y a une question de sens critique et de dosage. Les enfants n’ont pas encore ce sens critique et les parents qui choisissent d’être les parents-copains-complices de leurs enfants condamnent le corps enseignant d’être la cible à leur place de la révolte de l’adolescent quand il commencera à s’affirmer et à faire ses choix.
    Pour ce médecin, oui c’était faire preuve de maturité d’envoyer sur les rose un individu qui te prenait pour de la viande (le sale con).
    :-p

  2. PASCAL dit:

    Ouais , et ben c’est comme devenir addict de ménagères de moins de 75 ans….Tu commences par les lire et ensuite elles t’envoient des comm subliminaux, qui te rendent ménago dépendants.
    Alors moi, j’ai choisi mon camps, je me suis acheté un semainier pillulier et je prends un cachet de dom et manou une fois par semaine.
    J’ y vois déja des avantages et des modifications dans mon comportement….
    …….Je ne mets plus mon chat dans le micro onde!

  3. juju dit:

    Ce que je reproche à cette émission c’est d’avoir fait l’amalgame entre « la télévision » et « le dispositif télévisuel ». Ce que je veux dire, c’est qu’on n’a pas démontrer l’obeissance à/le pouvoir de la télé, mais bien du dispositif, de ce qui se passe sur un plateau. Dire que c’est la télé qui a poussé ces gens à obeir, c’est faux. DIre que c’est la pression de l’incconu, la pression du public, la pression des codes de ce dsipositif, ok…

    Bref, titre mal choisi, on ne démontre rien de ce que la télé peut avoir de nocif (il aurait fallu mesurer la propension des téléspectateurs à regarder plutot, ou les pousser à voter par SMS pour le nombre de volts, je ne sais pas)

  4. Virginie B dit:

    ton billet est tellement vrai… et puis où est la normalité après tout ?
    tu as parfaitement raison il vaut mieux avoir du caractère qu’être insipide et sans saveur !

  5. Fran dit:

    J’ai regardé le documentaire Mercredi et la suite hier après « Envoyé Special ».
    Effectivement je me suis demandée ce que j’aurai fait face à la place des candidats, face au public et à l’animatrice (la vérité, je ne participerai jamais à une émission de TV)(j’aime pas les caméras).
    La TV, ce n’est rien ni plus ni moins que du marketing (sans vouloir mettre toutes les émissions dans le même panier).
    Perso, pour tenter de donner un peu de libre-arbitre à mon fils de presque 8 ans, je critique/décortique pas mal les émissions, les dires, les pubs, les comportements de ses camarades et les siens en espérant qu’un jour, il le fera de lui-même qu’il soit d’accord avec moi ou pas.


  6. Je vais pas en remettre une couche, on a tout dit l’autre soir en direct sur Twitter… mais on pense la même chose ! ;)

  7. Océane dit:

    Je suis assez d’accord avec toi sur les principes ! Et puis l’insoumission aux choses légales mais injustes c’est ce qui a libéré des peuples entiers.

  8. eddie dit:

    Je n’ai pas vu cette émission, ni entendu parler du contexte… Mais je sais que je me bat auprès de mes élèves (premières et terminales) pour qu’ils arrêtent d’apprendre connement par coeur et qu’ils essayent un peu de réflechir par eux même… je suis dans le technique, la portée est limitée, mais même là, j’ai du mal à leur faire changer leurs habitudes de « moutons »… :grr:

  9. Lousia dit:

    Comme je partage ton avis.
    Je fais partie de la tripoté de mômes qui avant de dire « Papa » ou « Doudou » a dit « Non ». Avec sûrement le plaisir de ce mot qui parait si gros.
    Et je continue sur cette voie, parce qu’au-delà de la simple liberté, c’est ce mot qui peut définir ce que l’on est pas.
    Tout en ayant pas peur de se définir par plein de « oui », aussi, et par la diplomatie, parce qu’il n’y a rien de plus vain que d’être en permanence « contre ».
    Au fond, nous sommes tous de fragiles équilibristes sur le fil qui nous relie aux autres…

  10. Cath dit:

    Je pense que la différence entre les rouages de la Shoah et une émission de TV est essentielle. Si tu refuses dans une émission, tu perds de l’argent et éventuellement tu encours une réprobation, point final. Pour la Shoah, si tu refusais, tu y laissais ta peau. A mon sens, on ne peut pas comparer les deux formes de pression. Dans le cas qui nous occupe, il ne s’agit donc que du problème de se conformer ou non aux codes admis.

    Je pense que nous sommes des animaux grégaires et que depuis la nuit des temps, notre salut est dans le groupe. Nous sommes en quelque sorte construits ainsi. C’est ce qui fait que les ados sont si conformistes. Ils se disent en révolte contre la société, les parents etc. mais en fait ils sont super adaptés aux codes de leur groupe d’âge, comme les jeunes chevaux le sont. C’est ce qui en fait une cible si facile pour les publicitaires et les activistes de tout poil.

    Bref, là où je suis totalement d’accord avec toi, c’est qu’il n’y a que l’éducation de l’individu qui peut lui permettre d’acquérir le libre arbitre nécessaire pour à un moment donné, refuser de se conformer à ce qu’on attend de lui et cela même si son cerveau primitif le bombarde de messages d’alerte. D’ailleurs la plupart du temps, ce type de comportement se vit dans la colère ou la révolte, ce qui montre qu’il n’est pas simple à gérer.

    Quand à ton caractère, j’avoue ne rien avoir remarqué de particulier. Mais que sait le poisson de l’eau dans laquelle il nage ?

    Bonne journée à toi et à Manou.

  11. Soma dit:

    Sujet extrêmement complexe sur l’obéissance…
    L’émission était intéressante, mais ouvrait des tonnes de portes qu’il était difficile d’explorer en une soirée.
    La chose positive, c’est qu’elle pose des questions auquelles on cherche des réponses… Mais tant qu’on ne sera pas ds « la » situation (télévisuelle, de vie, sociale, etc), on ne saura jamais vraiment ce qu’on ferait.
    Pour en revenir à l’émission, il manque une donnée : celle du % de personnes qui refusent de signer le contrat alors qu’elles ont postulé… Y’a des ptites failles ds la méthodologie, mais j’imagine que pour l’émission, il fallait faire concis…
    En ts les cas, ça donne à méditer… je trouve cela « passionnant »

  12. Soma dit:

    PS : la philosophe était vraiment très belle !!! j’ai trouvé aussi :)

  13. Dom dit:

    Galstar, pas vraiment car les candidats qui se présentaient à ce jeu ignoraient totalement ce à quoi ils allaient participer, et ce n’est qu’une fois arrivée, le doigt dans l’engrenage, qu’ils apprenaient les règles.
    Le sens critique est variable selon les enfants, chez certains il est très précoce, et très affirmé (je sais de quoi je parle)
    Quant aux parents copains, je suis d’accord mais pas pour les mêmes raisons, la rébellion n’est pas obligatoire chez un ado, on peut aussi passer son adolescence sans avoir à tout mettre en l’air.
    Et un parent peut être complice, sans être copain, c’est ce que je dis souvent à Miss E.
    D’accord pour rigoler et faire du « moking » comme dit Galliane devant la nouvelle star avec Miss E, mais pas d’accord pour la laisser sortir seule jusque deux heures du mat sous prétexte qu’elle a « une soirée trop sympa ».

    Pascal : Non, nous les chats, on les met dans les paniers à linge et en remerciements ils nous rapportent des rats.
    Trop bien.
    Je t’embrasse grand fou, depuis mon Sénégal !

    Juju
    Oui et non, ce qui était implicitement reproché à la télévision (et au dispositif télévisuel de la télé réalité dans ce cas précis) est une dérive grandissante vers de plus en plus de violence normalisée.
    Il était clairement démontré que les programmes sont de plus en plus durs, trash (je ne sais pas si tu as MTV, mais si oui, tu dois savoir de quoi je parle).
    Humiliation, violence, souffrance sont désormais totalement banalisées, et c’est en cela qu’on peut parler de soumission à la télévision, certes, on parle d’un seul type de programme qui est la télé réalité, mais le média qui les diffusent lui, c’est bien la télé.

    Virginie B
    La normalité je ne sais pas, mais je pousse chaque jour mes enfants à « rester eux mêmes »

    Gallïane : C’est pas tout cela, mais quand est ce qu’on couche ?

    Océane : Oui, j’ai le souvenir, même si cela a finalement conduit au pire, des ivoiriens, bravant la police, les militaires et les fusils et marchant pacifiquement devant eux pour réclamer le respect de la démocratie et des élections.
    D’un point de vue plus personnel, apprendre à réfléchir par soi même serait déjà un premier jalon vers la liberté.

    Eddie : Bonjour et bienvenue (ou je me trompe ?)
    Ma fille adolescente a un prof comme cela, qui leur donne des cours (histoire géo) mais leur fait des interro non pas sur le « par coeur » mais sur un contexte à analyser suivant les cours justement.
    Au départ, cela l’a complètement désarçonnée, peu habituée qu’elle était à ne pas répondre bêtement : date d’évènement; 1515. (je déconne) mais à réfléchir, tout simplement, à analyser, être logique, penser.

    Lousia : Pour ma part, je déteste les conflits et fuis les disputes, au risque parfois d’être faible et de ne pas savoir dire non, justement.
    Je m’en veux souvent d’ailleurs.
    Mais quand cela touche à mes valeurs morales, mes principes, là, je ne transige pas, jamais, et n’hésite pas à aller à l’affrontement, comme tu le dis, nous sommes des équilibristes !!

    Cath : Pas tous, et le niveau de violence, du mal n’était pas le même non plus. Il y a une différence il me semble entre envoyer les gens dans les chambres à gaz, et leur envoyer des décharges électriques qu’on vous assure inoffensives bien que douloureuses.
    Beaucoup des gens qui ont participé à la Shoah auraient pu ne pas le faire, certains ont même été plus loin que ce qui était demandé.
    Pour exemple, dans la Rafle du Vel d’Hiv, les allemands ne voulaient pas des enfants, pourtant, ils ont été plus de 3000 (je crois) à être déportés et tués.
    Oui, nous sommes des animaux grégaires et c’est ce que je dis quand je parle de soumission à la société, et cette pression, comme celle du groupe des adolescents est juste phénoménale.

    Mon caractère va mieux (je ne me bats que pour l’important, c’est plus reposant) mais, crois moi, sous l’eau couve le feu. :-D
    et parlant de caractère, et te connaissant, je crois que le tien est plutôt trempé aussi !!

    Soma : Oui, j’ai regretté aussi de ne pas entendre les personnes (combien ? qui ? pourquoi ?) qui après avoir entendu les règles ont dit « non merci »
    Pour le reste, une émission ne peut être parfaite, tu as raison, en si peu de temps, mais à poser beaucoup de questions, le mérite est de faire réfléchir !

    et sa coupe, pas mal non ? ;-)

  14. Dom dit:

    Zut ! J’ai zappé FRAN

    Fran : Désolée !! Des jeux télé, j’en ai fait plusieurs (roue de la fortune et que le meilleur gagne) mais celui là, je pense sincèrement que j’aurais refusé.
    La télé, comme le disait David Abiker justement, c’est du business plan, de la stratégie, pas une mission morale et humanitaire.
    Sont là pour gagner du fric, rien de plus, et n’ont aucunement mission d’instruire et d’éveiller les consciences (l’inverse même diront les méchants)
    C’est regrettable, surtout venant du service public, mais ….

    Pour le libre arbitre, comme toi, je tente de décortiquer le monde qui nous entoure, avec une grosse dose d’ironie et de second degré qui déroute d’ailleurs souvent les enfants qui sont invités à la maison, peu habitués qu’ils sont à cela.

  15. Phileas dit:

    pas vu l’émission donc je ne reviendrai pas sur le détail du truc
    mais pour avoir généré un petit Taureau ascendant Taureau (si si ça existe…) et une princesse tête de pioche, je te rejoins sur la conclusion : mieux vaut un foutu caractère (surtout pour les parents) que pas de caractère du tout :-D

  16. JR dit:

    Pas vu l’émission, mais j’avais entendu parler de cette expérience, donc je ne pense pas que j’aurais participé.

    Les analyses différentes sont à mon avis, assez juste. Je dirais cependant, quitte à passer pour un vieux réac, que la banalisation de la violence perturbe un peu aussi les notions de bien et de mal, les valeurs qui sont importantes…

    Gagner de l’argent > garder son intégrité morale

    Bon, pis c’est compliqué de réfléchir au boulot => la bise aux ménagères africaines :-)

  17. Cccil dit:

    Je n’ai pas vu l’émission, mais j’en ai tellement entendu parlé… je trouve qu’on fait beaucoup de bruit pour rien. il s’agit encore de leurer la masse, en lui faisant croire à une vraie expérience en directe, alors que pour ma part, je trouve tout biaisé dès le départ, par le concept même:
    On n’a pas un panel exaustif de gens, mais exclusivement des gens volontaires pour participer à ce genre d’émission (et donc une certaine catégorie de population).
    On crée un climat de désengagement total vis à vis du candidat puisque qu’ il sait ou il se doute qu’aucune chaine de télé ne prendrai le risque de se prendre un procès aux fesses pour mauvais traitement, ou risquer la mort d’un candidat et que donc on se doute qu’on n’envoit pas vraiment 400 V dans la peau d’un pauvre type (avec les effets qu’on connait) et en plus on ne montre pas à la personne ce que ça fait vraiment de recevoir 400V dans les dents. Bref, c’est pas crédible…
    Donc le protocole scientifique est inexistant, il s’agit d’un pur divertissement, un coup de pub visant à ce qu’on parle de la chaine.
    Quand au débat qu’il suscite, il est intéressant, mais va-t-il nous pousser à prendre du recul face à notre petit écran, nos dirigeants, notre société en général? Je ne le pense pas.
    Enfin… il faut bien un début… déjà ça donne matière à penser, ce n’est pas si mal!


  18. je n’ai pas regardé cette émission ni le débat après : trop peur du résultat….
    par contre pour faire suite à ton article, je recommande aussi mis à part « soumission à l’autorité » de milgram, je recommande le film I comme Icare avec Yves montant en procureur qui enquête sur le meurtre d’un politicien et ou on voit justement cette expérience avoir lieux, entre un « vrai » cobaye et un acteur sur le thème de l’apprentissage de mots….et ou le scientifique explique bien tout le mécanisme : l’autorité de la blouse blanche, l’hésitation du prof à punir face aux hésitations de l’élève….
    bref, difficile à expliquer ici, mais très bon film….
    yves montant est super comme souvent…
    je te mets le lien pour voir

    http://www.youtube.com/watch?v=S0CAqm73P00&feature=related

    en deux partie mais là j’ai mis le début uniquement ;-)

    bises oka


  19. Je voudrais écrire un truc intelligent mais ça va pas être possible avec le monstre qui fait que des conneries aujourd’hui. Le problème, c’est qu’il est normal, je crois…


  20. Je suis tout à fait d’accord avec cccil, les participants pensaient vraiment qu’ils envoyaient 400v à un homme? Même à un poisson rouge, on ne l’aurait pas fait à la TV. Même un billet de 500 francs, on n’a pas le droit de le bruler. Pour moi c juste un gros coup de pub cette émission. Ceci dit je ne l’ai pas vue puisqu’ici la NS c’est le mercredi, en même temps donc!

    Sinon, Dom, ta dernière phrase!! C mon dilemme quotidien. Moi aussi j’aimerai que mes enfants soient libres dans leur tête, ose se rebeller, aient des convictions qu’ils sauraient défendre et en même temps j’aimerai tellement qu’ils écoutent un peu ce que je leur dis :-)

    J’aime bcp la notion de désobéissance civique, mais pas trop celle de désobéissance parentale, fo pas charrier!

  21. shalima dit:

    Je n’ai pas regardé non plus, à peine vu un extrait au zapping… jolie réflexion que la tienne, anyway.
    Et je me pose les même questions sur l’obéissance (j’ai pas les réponses, ni pour moi, ni pour mes enfants)

  22. Noum dit:

    J’ai regardé.
    A la question l’aurais-je fait moi même: J’ai étudié l’expérience de Milgram en première année de fac …alors connaissant mon côté taquin il est probable que j’aurais envoyé directement les 460 Volts histoire de les voir tous paniquer parce qu’il y’avait une psychopathe dans le panel ….
    Sinon l’émission était intéressante mais pas super pertinente dans le sens qu’elle a voulu se donner « pouvoir totalitaire de la télé comparable au nazisme »ouaich ouaich »…
    Je sais plus qui a dit plus tard sur le plateau , l’expérience de Milgram a été organisée de sorte d’en exclure toute forme d’idéologie…du coup le parallèle avec les régime totalitaire ou le nazisme semble un peu court …
    Sinon la philosophe bien coiffée me semblait tellement occupée à casser le mec de philosophie magazine et la psy que du coup elle m’a saoulé.
    Mon avis sur la télé est que le problème principal vient du fait que les trois quart de la population sont effectivement des boeufs qui bouffent çà comme ça leur vient …
    Sur la question d’éduquer à désobéir je rajouterais , intelligement . parceque y’a des tas de sales gosses désobéissant qui deviennent de très très bons soldats ….

  23. Calpurnia dit:

    Idem qu’Okatarinabella, je n’ai pas regardé l’émission, ayant vu le concept de l’expérience dans « I comme Icare ».
    Quand on comprends que le « torturé » est un comédien, c’est quand Yves Montand s’insurge tout à coup…
    Et là force est de reconnaître que, spectateur dans la salle, personne n’a moufté sur le PRINCIPE de l’expérience.
    Moi j’avais réagi à peu près en même temps qu’Yves Montand : trop tard quoi.
    Là, c’était la soumission (la confiance), en « médecins en blouse blanche ».
    Quand ça se corse ils déclarent « nous en prenons la responsabilité », ce qui en dédouane certains.
    C’est ainsi que la machine de destruction nazie a pu fonctionner effectivement…
    Le véritable libre arbitre n’existe pas…

  24. MH dit:

    je n’ai pas vu l’émission, j’ai juste lu l’article dessus dans Télérama, bien documenté et bien référencé, ce que j’ai apprécié c’est qu’ils soulignet qu’avec ou sans caméra, les taux de « répondants » est globalement stable. Alors plutot qu’y voir l’influence pernicieuse de la télé, je préfère y voir les conséquences de la soumission à l’autorité.

  25. emanu124 dit:

    J’ai fait comme toi, mais un peu plus âgée.
    J’ai envoyé boulet un prof de médecine et son aéropage d’étudiants qui étaient rentrés sans ménagement dans ma chambre et me considéraient comme un bout de viande.
    Il a failli avaler sa feuille de température, le gars.