Mais quel animal sommes-nous donc ?

[Billet à haute teneur en auto-dérision et cynisme désabusé.]

A l’origine, ce billet avait été écrit pour le Post, mais étant resté coincé dans les archives, je me suis dit que j’allais vous le proposer, ici.
Quand je vois comment notre monde devient fou, s’emballe, c’est à peu près ce que ça m’inspire.
Et puis c’est week end, mon crétin de petit frère s’est barré avec mon chargeur d’APN, je peux plus faire de photos, c’est la lose, et en plus j’ai un énorme bouton sur la joue, qu’on dirait que je refais mon adolescence.

A mon âge, c’est bien ma veine.

A moins que ce ne soit l’abus de chocolat noir ?

En tout cas, je vais avoir de quoi déconcentrer mes adversaires au tournoi de Poker ce soir (si j’y vais avec cet énorme spot sur la face)

Allez, je vous le recolle :

De Gaulle disaient de nous, français, que nous étions des veaux.
Cette célèbre citation, une fois remise dans son contexte a finalement gardé toute sa saveur au regard des programmes et journaux télévisés d’aujourd’hui.

« La maturité d’un peuple en démocratie suppose un jugement étayé par des informations concrètes et même par des expertises. Les médias se contentent surtout du sensationnel des faits divers mais ils abordent rarement les grandes problématiques que tout gouvernement doit affronter. Les Français sont des veaux parce que la lutte des partis ne fait pas de place à la pédagogie et ne pose jamais de problématiques en fonctions notamment des possibilités budgétaires. »

Mais il se dit aussi de nous que nous ne sommes que des moutons, prêts à suivre le premier qui parle plus fort que les autres, la loi du plus grand nombre, les français n’étant la plupart du temps bons qu’à bêler en chÅ“ur avec le troupeau.
Le mouton ne décide pas, il ne tranche pas, il ne cherche pas à comprendre, il ne réfléchit même pas, il suit, celui qui est devant lui, sans se poser de question.

Mais le mouton peut aussi se transformer en hyène, en meutes rageuses et vindicatives, prêtes à lyncher au pilori de l’opinion publique celui ou celle qui aura été désigné victime du jour, ou de la semaine, ou du mois.
Avec des réactions qui n’ont souvent plus rien de proportionnel avec la faute commise, si faute même il y a, et qui ne sont plus alors que prétexte à déverser sa rancÅ“ur, sa jalousie ou ses frustrations,  la meute mord, arrache, déchire, dévore celui par la foule désigné.

N’oublions pas non plus le coq, ce fameux emblême français dont on aime à dire qu’il est bien le seul animal à chanter les deux pattes dans la merde.

le coq, symbole de l’arrogance française, produit d’exportation mondialement connu qui nous permet de donner des leçons au monde entier, qu’elles soient de démocraties, de liberté, ou de culture.

Quand bien même tous les dictateurs du monde viennent s’essuyer les pieds sur le paillasson de l’Elysée quand ils n’y plantent pas carrément leur tente.
Quand bien même aussi, on ira jusqu’à leur cirer les pompes dans des discours enflammés autant que dégoulinants de servilité.

Sarkozy et le « bonheur personnel » de Ben Ali…
envoyé par Napakatbra. – L’info internationale vidéo.

Michèle Alliot-Marie heureuse d’être en Tunisie
envoyé par LePostfr. – L’info internationale vidéo.

A moins que le français ne soit une grenouille.

Après tout, cela fait bien longtemps que les anglais nous surnomment ainsi.

Tout comme cet animal dont on prétend qu’une fois plongé dans une casserole d’eau froide qu’on laisserait lentement monter à ébullition, il se laisserait ébouillanter sans protester n’ayant pas vu la température progresser peu à peu.

Et de nous laisser cuire, petites bestioles, alors que les émeutes de la faim, provoquées par la spéculation sur les matières premières et les hausses de prix qu’elle provoque, ont repris de plus belle, que tout autour de nous, des peuples se révoltent, et que des personnes en arrivent à sacrifier leur vie en raison de leur désespoir absolu.

Que nous mêmes, sommes comme anesthésiés et sans réaction devant l’arrogance de nos dirigeants, politiques comme économiques, prêts à tout justifier, même la main prise dans le pot de confiture, même l’injustifiable, que nous sommes endormis par leurs fausses promesses, et leurs vérités à géométrie variable.

Nous sommes plongés dans l’arrogance d’un système qui petit à petit fait monter la température, tout doucement, sans que nous, pauvres grenouilles ne réagissions.

Moins de salaires, moins de travail, moins de droits, moins de liberté, moins de justice, moins d’égalité,
bref, moins d’avenir.


Les parachutes dorés de Sarkozy – Best of @si
envoyé par asi. – L’info internationale vidéo.

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8 commentaires à “Mais quel animal sommes-nous donc ?”

  1. Memy dit:

    C’était Frêche qui avait sorti un truc du genre « en France, il y a 5% de gens intelligents, je fais campagne pour le reste » ?
    Ben voilà, tu as ton explication. Le Français de base tout fier de l’être est un animal d’une race qui regroupe toutes celles que tu viens de citer, le Français de base est un Con.
    Je ne pensais pas qu’il y en avait autant. C’est en arrivant ici au milieu de nulle part que je me rends compte ô combien il avait raison…
    Tant qu’on n’aura pas un leader « sain » à leur proposer, on n’avancera pas. Et comme ceux qui font de la politique viennent la plupart du temps de milieux qui baignent dans la politique, c’est un éternel recommencement…
    Enfin je pense…

  2. margaux33 dit:

    merci beaucoup pour cet article ;ça fait du bien

  3. Dom dit:

    Memy : Je n’arrive pas à ce constat accablant que tu fais, je crois pour ma part que les gens sont englués dans leur quotidien, leurs soucis, leurs urgences aussi, et que si autour de nous les choses se dégradent peu à peu, il n’est même pas sûr que nous nous en rendions vraiment compte, à quand l’électro choc pour réveiller tout cela ? (je tente de terminer sur une note optimiste, je tente ! :Shy )

    Margaux33 : Y a des billets, je crois qu’on ne sait même pas pourquoi on les écrit, juste qu’on en a presque besoin, celui-là en fait partie.

  4. Calpurnia dit:

    Je ne sais pas quel animal est le français, ou quel hybride…
    En tous cas, je sais qu’il y a des rapaces.
    Pas partout, mais ils suffisent… :grr:

  5. Camille dit:

    Pas l’ombre d’un poney là dedans, c’est pas cool. (non, mais c’est juste que je suis tellement d’accord, et tout, que je sais pas trop quoi dire d’autre)

  6. shalima dit:

    Tu as eu raison d’aller le repêcher dans tes brouillons, cet article, il est top, et tellement, tellement vrai !

  7. Covima dit:

    Tu remets bien certaines vérités en place, ç’aurait été dommage de ne pas partager ça !

  8. Lilith dit:

    Mais mais, seuls les Français sont coupables de cela? Et les Italiens, fiers de leur Berlusconi, alors? (exemple parmi tant d’autres)

    Quant au coq, petit anecdote rigolote : au 14° siècle, les Flamands qui en voulait au roi de France Philippe VI ont placé, dans la ville de Cassel, une toile représentant un coq avec la légende :
    « quand le coq chanté aura
    Le roi Cassel conquêtera »
    Ce qui souligne bien l’aspect dérisoire du coq comme emblème patriotique!