Rien derrière

Chose assez rare puisque d’ordinaire les sujets se suivent et ne se ressemblent pas par ici (c’est pas comme si on avait une « ligne éditoriale » quoi) je vais rebondir sur le billet d’hier et donc de Dom.

Sachant que je partage son avis ou du moins son état d’âme sur la disparition de nos ascendants…
Quelles que soient nos histoires de famille, nous souffrons tous de ces départs, certes dans la norme mais néanmoins toujours douloureux et souvent considérés comme prématurés.
Pour ma part l’histoire est sensiblement différente puisque si je n’ai plus aucun grand- parents j’ai encore mes deux parents… ce qui fait que j’ai peut être plus de « chance » ou du moins encore une barrière générationnelle avant de me retrouver projetée comme référent.
Et justement, référent de qui ?

Pour ceux qui nous suivent un peu, je n’ai pas (encore) d’enfants.
Pas par choix de vie, pas par impossibilité d’en avoir… juste comme ça.
Parce que c’est la vie. Ma vie.
Des choix, bons ou mauvais, fait au fil du temps.
Des rencontres, bonnes ou mauvaises également qui font que… ben c’est comme ça.

Alors bien évidemment, à 39 ans, partie de ma vie est encore devant moi et j’aurais (ou pas) des enfants (enfin un).
Pour être honnête je ne me pose plus la question, m’étant forgée une espèce de barrière sentimentale de protection pour ne pas avoir à en souffrir. Ou alors le tic tac biologique s’est fait la malle ?

Comme beaucoup de femmes j’ai eu ma période « je veux un enfant, right here, right now » et puis le temps a fait son Å“uvre. Je n’en ai pas.
Et le « pire » ? Je n’arrive pas à savoir si j’en veux un maintenant.
Si je suis prête à avoir un « gosse de vieux » ?

De rencontres capotées en vie solo décalée, une forme d’ « égoïsme » s’est développée (je ne sais pas si c’est le mot idoine mais bon on va faire comme si).
L’égoïsme comme rempart à une vie dénuée de progéniture mais pas de sens ?
Je ne sais pas, je ne sais plus.

Si une chose est sure, c’est qu’il n’est pas dans ma nature d’avoir des regrets, juste des choix assumés – même les plus mauvais- et qu’aujourd’hui je m’efforce donc de ne pas trop penser au « rien derrière ».

Et puis la vie est facétieuse alors…
qui sait ? Resterai-je nullipare ? Aurai-je un polichinelle dans le tiroir dans les mois/années à venir ? Rencontrerai-je un homme avec des « déjà tout faits » (qui certes ne seront jamais les miens) avec qui reconstituer une famille ?
A suivre…

Manou

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21 commentaires à “Rien derrière”

  1. Zette dit:

    On en a déjà discuté, mais on laisse jamais rien derrière soi, et l’enfant n’est pas non plus notre unique moyen ou fonction pour laisser une empreinte.
    En plus, je trouve le terme « nullipare » dégradant.
    On est pas nulles, on est des femmes. Mères ou pas.

  2. valerie dit:

    Je n’ai pas d’enfant et n’en aurais jamais je pense.
    je n’ai d’ailleurs jamais eu cette envie.
    ma mère (pour revenir sur le billet de dom) me dit que je serais seule plus tard ; chouette façon d’envisager les gamins tiens.

    quant au « rien derrière » bah… de toutes façons on ne laisse pas gd chose si ? :o) à part une tombe avec trois camelias en plastique.

    tiens je suinte la joie moi ce soir.

  3. Galstar dit:

    Ce n’est pas de l’égoïsme de choisir de ne pas avoir un enfant seule. C’est un acte généreux et courageux bien au contraire.
    :Angel
    Je vais peut-être avoir l’air d’être un casse-pied moralisateur mais il s’agit seulement d’être bassement pragmatique. Je veux bien prendre cette casquette pour l’instant. Quand les circonstances ou les choix de vie font qu’il n’y a aucun lien durable qui s’établit avec un père potentiel ce serait un acte égoïste vis-a-vis de l’enfant (auquel manquerait un référent parental) et suicidaire pour sa propre santé (à moins d’être vraiment très bien entourée ou d’avoir des moyens financiers conséquents).
    :-D
    La durée de la vie et sa qualité s’allongeant, les gosses de vieux seront probablement très différents alors cela n’est pas déraisonnable de penser encore pendant une bonne dizaine d’année à avoir les tiens bien à toi (c’est possessif, pas égoïste). Et puis tu as raison, une famille recomposée peut aussi faire vivre une belle histoire.
    :biz
    Une petite remarque… nullipare n’est pas dégradant, c’est juste descriptif. Faut pas voir le mal partout. Moi aussi je suis nullipare et je ne serai jamais rien d’autre. Bin oui chui un homme… Et alors on a le droit d’y penser aussi, non?
    :-p


  4. Je suis d’accord avec Galstar sauf que je considère que ne pas avoir d’enfant n’est pas un « acte généreux et courageux » mais juste un choix (enfin quand c’est vraiment un choix). Je n’ai jamais cru que la maternité soit la seule façon de se réaliser en tant que femme ou plus généralement en tant qu’être humain (car on ne se pose jamais la question pour un homme bien sûr). Vouloir un enfant à tout prix s’avère souvent un choix bien plus égoïste que de pas en vouloir.
    Après ma période « je ne veux pas d’enfant » est venue celle de « je veux un enfant » coïncidant avec « je ne peux pas en avoir »: aujourd’hui j’ai trois enfants venus sur le tard et je ne regrette pas d’avoir attendu car je me dis que je n’avais pas la maturité nécessaire (je n’ai jamais été très précoce je crois!). Mieux vaut être une mère sur le tard ou une « nullipare » qu’une mère à contre-coeur.

  5. Sophie dit:

    Avoir ou non un enfant, si tel est le vrai sujet de ce billet ! J’ai toujours voulu des enfants, et Manou, tu le sais, dès 20 ans j’étais prête… enfin presque… après il faut trouver le père et ça c’est une autre paire de manche… la vie est ainsi faite de rencontres, de ruptures et de re-recontre… Moi j’ai eu de la « chance », (je ne crois pas beaucoup à la chance), disons juste le bonheur de rencontrer l’homme de ma vie, comme on dit… et le père de mes enfants.
    Mais, le fond du problème est, selon moi, dans la vision que l’on a de la femme dans toute cette histoire.
    Je trouve ça tellement réducteur de considérer une femme selon si elle a oui ou non des enfants… j’ai parfois l’impression de revenir 40 ans en arrière. Je ne me mets pas à la place de Manou, mais à l’inverse, à la mienne… mère de trois enfants. Pour pas mal de gens, mon « moi » s’efface derrière cette position sociologique… mère… mais je dis NON :
    Comme dans la série  » Le prisonnier » : « je ne suis pas un numéro… » « Je ne suis pas une amante, une amie, une confidente… et toi aussi Manou, tu es tout cela…toi aussi. ;-)
    Bisous

  6. Sophie dit:

    Correction. Je suis également une soeur, une collègue, une amante, une amie, une confidente… et toi aussi Manou, tu es tout cela…toi aussi.
    Bisous


  7. Deuxième billet très émouvant de la semaine, Manou.
    J’ai rien à ajouter : je me suis contentée « d’écouter » avec attention.

  8. JR dit:

    Qui a du caca kaki, collé au cucul ?

    (dsl, mais je sais pas comment ca se fait que j’ai la peche ce matin, vous arriverez pas a me plomber le moral ce matin…)

    Pleures pas t’as des petits freres ;-)

  9. Louisianne dit:

    Enfant de vieux ça ne veut rien dire aujourd’hui. Comme tu le dis passé un certain âge on se dit qu’on aura un et pas deux.
    La vie te réserve surement des surprises, et que l’horloge biologique soit en cause ou pas, tu as raison de ne plus te poser la question ! ;-)

  10. Manou dit:

    Zette : Non un enfant n’est pas notre unique trace dans ce monde… mais ça y contribue un peu quand même non ? Enfin j’en sais rien en fait ;-)

    Valerie : Si ça ne te dérange pas on va éviter les fleurs en plastoc, hein :-D

    Galstar : C’est pour ça que je dis que l’emploi du mot égoïste n’est pas forcément bien fondé dans ce contexte… Il me semble effectivement plus égoïste d’avoir un enfant à tout prix (mais bon pour ce que j’en dis)

    Et sinon, même si t’es un mec, si t’as des enfants t’es pas nullipare ?

    La Ségaline : Non ne pas avoir d’enfants n’est pas toujours et exclusivement un choix (ou alors j’ai mal écrit mon billet ?). :cl:
    Pour le reste on s’éloigne légèrement du sujet puisqu’il ne s’agit pas de dire que l’épanouissement d’une femme passe par la maternité, nous ne sommes pas des utérus sur pattes mais qu’à un moment donné, on peut (du moins je le fais) se poser la question.
    Pas plus, pas moins :-)

    Sophie : Wow le sujet t’inspire dis donc :-D
    Et si je m’interroge aujourd’hui c’est effectivement en rapport à ces regards en biais et ces silences qui en disent parfois beaucoup.
    Je ne parle pas de mes proches mais des regards d’autrui, parfois appuyés quand je parle de moi comme célibataire sans enfants.
    Oui avoir des enfants n’est pas une fin en soit pour une femme (enfin pour certaines) et oui nous sommes tout ce que tu décris si bien… mais malheureusement « pas que » dans les yeux de certains.
    Et parfois on voit plus les regards blessants que bienveillants et on entend mieux certains silences !

    La Mère Joie : Et pourtant je me voulais factuelle plus qu’émotive :-)

    JR : Mais mon billet n’est pas triste !!!
    Ou bien ??

    Pour mes frangins, 6 000 kms n’aident pas à partager des choses.

    Louisianne : Effectivement ce n’est pas une histoire de sens… plus de feeling ?
    Je ne sais pas en fait !

  11. violette dit:

    Bouba, mon petit ourson, tu roules et tu glisses sur la blanche neige ?
    Ah non, on me dit que tu pars au pays des moustiques…

    (Il est beau ce hors-sujet, non ?)(ah non ?)

  12. Phileas dit:

    déjà tu as tous les gens rencontrés ici ou ailleurs :-D
    et ça fait du monde !! :)

  13. Sophie L dit:

    Tant que c’est assumé, c’est bien l’essentiel, non?

  14. shalima dit:

    Sophie exprime tellement bien dans son commentaire ce que je pense et ressens que je ne vais pas la paraphraser, hein…
    (ouais, je m’en sors bien sur ce coup, mais c’est sincère à 200%)

  15. AmeliMelo dit:

    tu veux les miennes ? ^^
    (pour le reste pas besoin de l’écrire, on en a déjà parlé et tu sais ce que j’en pense)

  16. Galstar dit:

    @ Manou: d’après la définition de Wiki, même père, un homme reste nullipare et nulligeste… C’est purement obstétrique! ;)

  17. JR dit:

    Manou, Dom> Je dis pas que vos billets sont tristes, je dis qu’ils essayent de plomber mon moral (ce n’est que subjecitf).

    Pour les frangins, effectivement ca simplifie pas les affaires, mais c’etait pour dire qu’il n’y avait pas tout a fait rien…

  18. Manou dit:

    Violette : En vrai maintenant je veux partir dans le désert (mais pas rester trop longtemps :-D )

    Phileas : En même temps c’est pas comme si j’allais bloguer jusqu’à être sénile :cl:

    Sophie L : Probablement ouais

    Shalima : Du coup je répète pas ma réponse non plus hein :-D
    (oui on est des feignasses)

    AmeliMelo : Elles sont trop choupinous les tiennes… (mais j’ai toujours voulu avoir un garçon, désolée hein :lol )

    Galstar : Oup’s la boulette, au temps pour moi !

    JR : Mais je sais, je déconne un peu :-)

  19. Noum dit:

    hhéééé bhééé z’avez une de ces ouache en début de semaine ….rien devant/ rien derrière.
    Ben de là à en conclure que vaut mieux exister ici et maintenant,plutôt qu’hier qui n’est déjà plus ou demain qui n’est pas encore…hein ?
    C’est curieux de parler de choix assumé quand je vois plutôt une acceptation (qui ne veut pas dire capitulation soit dit en passant :-) ) . Je trouve très sain de ne pas vouloir un enfant « Ã  tout prix » et rien que pour çà je te le souhaite de tout coeur…le bonheur , qu’il ait la forme d’un gosse, d’un homme, d’un beau voyage, d’une chouette musique, d’un chat , de vacances de ouf, d’une bande de potes, de moments de bullage intenses, d’une super bonne bouffe bref de tout ce qui peut remplir une vie et qui lui donne du sens tout le temps :-)

  20. Calpurnia dit:

    Avoir ou ne pas avoir des enfants ?
    C’est la question…
    Etre soi ou rentrer dans un moule…
    Subir avec plus ou moins de courage les revers de la vie…
    Je n’ai rien à rajouter.
    De toutes manières, effectivement, nous ne laissons rien après nous. Combien de grandes familles émanant d’un seul couple, se sont retrouvées sans descendants un beau jour ?
    Comme tu le dis le destin est facétieux… Laissons le faire…


  21. Diable je me suis donc mal exprimée: je n’ai jamais voulu dire qu’avoir ou pas des enfants était « exclusivement un choix », parfois c’est un choix et parfois c’est malheureusement le résultat des vicissitudes de la vie. Ce que je voulais dire c’est que bien sûr la femme ne se résume pas à la maternité où à son absence (refus ou impossibilité) de maternité. Encore heureux non?