Féministe ? Oui, et ça va bien, merci

C’est tout de même surprenant comment aujourd’hui encore, si tu as le malheur de te dire féministe on te tombe sur le poil (que tu as forcément long, car la féministe, c’est bien connu, ne se rase jamais et fait des tresses avec ses poils aux pattes).

“Je suis féministe”.
Non, ce n’est pas un gros mot.
Non, ce n’est pas le coming-out d’un secret que j’aurais gardé par devers moi durant des années et que je me déciderai aujourd’hui à mettre sur la table.

“Je suis féministe”.

Militante ? Non,
Erudite des écrits et de la culture féministe ? Même pas ! (et j’ai honte !)Je suis féministe par évidence, par simple constatation, par éducation aussi, depuis toujours. j’ai grandi dans une famille où sexe, race, religion, opinions n’avait aucune importance, où l’on ne m’a jamais dit que je ne devais pas ou que je ne pourrai pas, juste parce que je suis une fille.

j’ai grandi avec cette notion d’égalité là. Dans mon quotidien, dans ma manière d’éduquer mes enfants, je tente de transmettre cette valeur d’égalité. Fils ou fille, les règles sont les mêmes, à tout point de vue, sans aucune exception.
Tout chez nous est basé sur l’égalité, égalité des droits et des devoirs.

Le Wanou peut jouer avec un aspirateur, Miss E s’intéresser à la mécanique, aucune différence.Mon fils pourrait devenir puériculteur, ma fille routarde, tant que c’est leur choix, je le respecterai. Et pour tout c’est ainsi, dans mon couple, pareil ! Mon mari repasse mieux que moi ? Tant mieux pour moi. Je suis plus à l’aise avec les nouvelles technologies que lui ? Tant mieux pour lui.

J’observe la société, celle dans laquelle je vis et et qui prétend que nous sommes tous égaux, mais n’agit pas en ce sens, ces mentalités qui peinent à changer, ces plafonds de verre qu’on ne peut crever.
J’observe nos dirigeants, qu’ils soient politiques, économiques et je compte sur les photos des colloques du G9, ou des réunions ministérielles,  les cravates versus les escarpins, quand ceux ci ne sont pas qu’alibis.

Simple évidence

J’écoute mes amies, celles qui sont encore payées 20% de moins que leurs collègues masculins pour le même travail, sans même un prétexte valable, juste quelques excuses bidon.

Je me sens proche de ces femmes qui n’ont d’autres possibilités que de quitter leur propre foyer pour se mettre elle, et leurs enfants à l’abri de la violence conjugale, alors que ce devrait être le contraire.
Je suis solidaire aussi de ces femmes qui ont cru dans le choix de rester chez elles pour élever leurs enfants et se retrouvent prisonnières d’une situation sans issue.

Je lis, j’écoute et j’entends et ne peux constater qu’à l’heure où certains réclament avec justesse une meilleure représentation des minorités, on continue encore à exhiber des femmes potiches, à promouvoir leur beauté comme seul attribut féminin valable.

Comme pour cette affiche, du bal des actrices, dont les deux « vieilles » Robin et Rampling sont absentes pour ne garder que le sexy et le beau.Ou encore toutes ces rides qu’on ne voit plus ou alors tellement arrangées, nettoyées,  photoshopées, que ces quinquas ne ressemblent même plus à elles mêmes, limite névrotique.

Je ne suis pas “pareille” qu’un homme, mais je suis son égale, ni plus ni moins, cela ne m’empêche ni d’être une chieuse, ni d’être coquette, ni d’aimer les trucs de filles ni de pleurer devant Will Smith dans à la recherche du bonheur, ou de m’offrir le sac à main de mes rêves, cela ne m’empêche pas d’avoir la peau douce, et les talons hauts.

Et tant que cette stricte égalité ne sera pas dans toutes les têtes, dans tous les actes, et surtout dans toute la société, du bas, jusqu’en haut, je serai féministe.

Dans les idées reçues, toutes faites, vous avez aussi celles sur les lesbiennes, par Crêpe Georgette !