Twitter, le bistrot du web
Plus je fréquente twitter, plus j’y trouve des ressemblances avec un bistrot.
Un mélange de tous les genres, du café branché bobo quartier Saint Germain, du café philosophique au salon de thé où l’on cause en passant par le bar-Pmu du village de mon enfance bretonne, celui de ma grand-mère avec son long bar, ses tables en formica, ses demoiselles remplies de gros rouge et ce sol carrelé que mes tantes récuraient à tour de rôle, en râlant.
Un bistrot virtuel où l’on retrouverait à peu près tous les archétypes de tous les bistros du monde.
Ceux qui passent le matin, prendre leur petit noir au comptoir, dire bonjour aux habitués, prendre les premières nouvelles de la journée, break salutaire avant d’affronter leur journée de boulot.
Les passionnés, qui refont le monde en bout de zinc à coups de grands débats furieux, souvent inutiles, parfois amusants.
Capables de s’étriper pour un détail, de s’enflammer, s’indigner, de se mobiliser, de se fédérer, tout en restant accrochés à leur verre.
Le sympa, le marrant qui fait rire et qui amuse la galerie.
Les meilleures blagues, c’est lui, les meilleurs anecdotes c’est lui aussi, même si parfois un peu clown triste, on se demande alors ce qui se cache derrière le gros nez rouge.
Le touriste. Il n’est pas du quartier, ne parle pas la langue, est arrivé là par hasard ou alors il s’est perdu, on sait pas trop bien, mais après quelques vaines tentatives de communication, il renonce.
Le pochtron, le mec bourré, ivre mort, qui tient à peine debout et tient des propos tout aussi bancals que lui.
Il est coincé dans son délire, on lui jette des regards ironiques, amusés, parfois agacés de la nuisance sonore, apitoyés, ou le plus souvent juste indifférents.
Dans un autre genre, la nana, grimpée sur la table à faire son strip, chauffée à blanc par les encouragements, les « vas-y », on fait concours de tee-shirts mouillés, la plus grosse paire gagne.
Même si elle ne gagne qu’une tringle à rideaux.
Ou les mecs, aussi, dans leur concours de petites bites, à comparer leurs muscles ou leur clefs de voiture, qui qu’a la plus belle, qui qu’a la plus grosse, qui qui va repartir avec miss tee-shirt mouillé ou un an d’apéricubes gratos.
T’as le pauvre type, ou la pauvre fille c’est comme tu veux, solitaire, désabusée de la vie, écroulé(e) sur son tabouret, qui parle tout seul dans le vent et que personne n’écoute, à qui personne ne répond.
Et il y a la vedette aussi, le roi du pétrole, le kéké du quartier ou la belle du bourg d’en haut, qui attire les regards énamourés des uns et envieux des autres, qui passe de temps en temps, rarement, faut bien alimenter la légende.
Trois petits tours pour raconter ses derniers exploits, faire claquer les strass et les paillettes, faire baver un peu aussi et puis s’en va.
Les branchés, ceux qui savent, où se passera la prochaine soirée, qui savent qui fait quoi où comment, qui ont le dernier potin, les détails croustillants qu’ils ne peuvent dire mais disent quand même.
Le discret, le timide, qui ose à peine un « bonjour », s’étonne qu’on puisse le lui rendre, se fait tout petit dans son coin et tente de ramasser quelques miettes des conversations qui se font sans lui.
L’occasionnel(le), qui passe faire coucou de temps en temps, donne son actu, tape la convers deux minutes ou plus si affinités et repart, jusqu’à la prochaine fois.
Le cynique, l’ironique, qui balance ses vannes comme on balance un missile.
L’agressif, le fort en gueule qui cherche la bagarre et forcément, puisque si on cherche on trouve, finit par se castagner avec sa victime du jour, entouré d’une foule avide qui compte les points et désignera le vainqueur.
Les piliers de bar, ah ! Les piliers de bar, mes préférés, toujours fidèles au poste.
Tu débarques à 7h00 du mat ? Ils sont là .
Puis à 13h00, encore à 16h00 puis à 20h00, de toutes manières, ceux là , si le patron les fout pas dehors à grand coups de pieds dans le derche, limite ils vont camper sur place.
Ce sont mes chouchous.
Qu’ils tapent la belote, se la jouent café du commerce, ou s’engueulent sur les pronostics du tiercé, ils sont l’âme du bar, sa substantifique moelle.
En même temps, si on les appelle piliers de bar, c’est pas pour rien, sans eux, plus de bar.
Même si parfois, tu te demandes quelle est leur vraie vie, celle de ce bistrot, de ses codes et de ses habitudes, ou l’autre, dont on ignore finalement tout et qu’ils pourraient sembler vouloir fuir ?
Dom
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Mots-clefs :à quoi ça sert tout cela ? twitt, bistro, bistrot, gazouillis, intérêt de twitter, réseaux sociaux, twitter














plus ça va, plus j’aime twitter. par contre, juste, pas toujours, quoi. (enfin, c’est juste que y’a des moments j’ai envie de dire à certains d’arreter de ne vivre que sur twitter, et de garder un peu leur vie secrète quoi)(mais après, je dis ça, mais si je veux plus les lire, je les défollowe, hein, donc bon voilà quoi)
Je me faisait la même réflexion, enfin surtout lors des live tweet d’émission, ça me rappelle lorsque gamine les voisins venaient regarder la TV à la maison et que ça discutait ferme, lors de l’Eurovision par exemple, ou alors comme lors des échanges hier soir et un peu ce soir ça fait en effet vraiment bistrot avec les discussions d’habitués qui se défient un peu plus chaque jour et reprennent leurs discussions laissées la veille pour cause de fermeture
Je participe assez peu surtout par manque de temps et puis certains délires me font rigoler mais je n’ai pas envie d’y participer, mais je lis la majorité de ce qui s’est passé dans la journée et je fais parfois des incursions depuis le boulot histoire de faire une pause, bref je vais prendre un petit café pis je repars
On se sera toutes et tous retrouvés dans ton bestiaire.
Une seule différence avec le bistrot, selon moi, c’est la politesse.
En principe, quand on entre dans un bistrot, y a toujours un bonjour qui fuse, que ce soit d’un côté ou de l’autre du comptoir.
Mais ça aussi, c’est peut-être une nouvelle coutume, de pas dire ni bonjour ni au revoir, que c’est même la classe?
C’est énorme!
Je me suis retrouvée et j’en ai reconnu certaines
Joli portrait je trouve, juste.
Moi je trouve quand même que ça manque un peu de Choueps dans ton bistrot!!!
Tu penses que bientôt on trouvera des Tweetologues pour guérir les Tweetaholics? (certains en aurait besoin quand même)
Très bien vu. Je crois en voir certains même devant mes yeux, peut-être même moi
J’aime l’ambiance bon enfant qui y règne en général !
[...] This post was mentioned on Twitter by jyjy. jyjy said: RT @oli2be: Twitter, le bistrot du web http://bit.ly/dxtPhV /@TWEETS_NEWS #Twitter [...]
Très sympa cette note, et puis c’est assez vrai. Ce qui est marrant c’est qu’avant on faisait des pauses pour aller au bistrot, maintenant on y est en permanence. On est devenu une société de divertissement infatigable.
Excellemment bien résumé !
Rien à dire de plus
Excellentissime … et le catalogue est loin d’être exhaustif!
Le FF tu le compares à quoi dans ta comparaison… il faut bien lui trouver une utilité de bistrot…
@Frogita : le FF, c’est comme à la fin de la soirée dans le bar, où les mecs bourrés énumèrent le nom de leur camarade en disant pourquoi ils les aiment tant…
@Dom : très bon article, qui me rappelle quand je tenais le bar de ma marraine… trop criant de vérité tout ça ! ;)
Moi j’aime bien le bistrot, c’est grace à lui que de mon bureau, j’ai été tout de suite avertie pour le volcan ! Il y a des piliers de bar qui donnent des infos intéressantes !
Sinon j’ai reconnu quelqu’un dans tes portraits, j’ai bien ri ! Hihi !
Que c’est vrai ça. Et puis il y aussi le voyeur, qui écoute la conversation d’une oreille, sans arriver à s’en défaire pour ne rien louper. Ricane, pouffe et finit par s’en mêler.
Perso, Twitter m’intimide toujours un peu. MAis quand on est en freelance, c’est parfois une vraie compagnie.
C’est tellement tellement ça ! C’est vraiment très finement observé, t’es trop fort !!
Trop fortE !
je trouve que c’est très bien trouvé bravo !
Rajoutes-y le brouhaha du bistrot aux heures de pointe et c’est tout à fait ça!
très bonne comparaison!
Bien vu
Et je plussoie Sophie L pour les heures de pointe
Camille : Pas toujours non plus, parfois même plus du tout, de ces moments où j’envisagerais plus que sérieusement un hara kiri de mon compte, et puis, et puis, un mot gentil, une phrase qui fait rire, une info qui fait dresser les neurones, et c’est reparti.
Cécile une Quadra : Parfois cacophoniques, parfois complètement idiots oui, j’aime bien les live tweets même si je leur reproche (notamment dans la télé réalité) d’être plus que souvent à charge, on cherche le mot qui dézingue, qui tue pour faire rire.
Et ça marche !!
Zette : J’y suis aussi, un peu de plusieurs sans doute, et puis, ça dépend des jours.
La politesse ? Politesse mon cul oui, comme tu dis, ceux qui disent bonjour, au revoir, merci, ce sont les ploucs.
Je défollow systématiquement une autre espèce, celle qui sait pas dire merci. (mais je suis réac, vieux jeu et j’emmerde le monde)
Lucie Beluga : Thanks !
Pivoine : Hin hin, des noms !!
Little Daewoo : Du choueps ? tu parles de certaines guenons ? (faut pas croire, je suis…
)
Océane : Ah mais moi aussi j’y suis, il en manque pourtant, je pourrais faire un second opus rien qu’avec eux
Denis : Merci ! Moi j’y suis pas toujours sinon je sature, et quand je sature je deviens aigrie et quand je suis aigrie, suis caustique et c’est pas bon pour mon taux de cortisol !!
Phileas : Merci (et va donc réviser ton Windsor toi)
Frogita : Comme tu dis, y en aurait encore à décrire, beaucoup.
Pour le FF ? tournée générale !!!
Galliane : oui aussi (pour le FF)
mais j’aime bien l’idée de la tournée offerte, pas pour tout le monde d’ailleurs ce qui provoque quelques rancoeurs parfois (et moi comme je suis radine, j’offre pas toujours mon verre)
Louisianne : yep et puis çà fait aussi petites annonces immobilières, avis de décès (j’aime les avis de décès quand tu les as en 20 ex dans ta TL)
bulletins d’infos, et annonces matrimoniales aussi
Zalapabelle Le voyeur ou celui qui tape l’incruste (cela dit, comme sur twitter les convers sont publiques généralement, faut avouer que c’est parfois tentant)
Shalima : Merci miss, avec ou sans e, je prends.
Virginie B : Thx
Sophie L : Ah mais clair ! d’ailleurs parfois quand la TL va trop vite, que c’est trop le foutoir, ben, je sors prendre l’air, comme dans les vrais bars.
Iliko :
Miss Brownie : Thx 2
Je ne suis pas entrée dans ce bistrot. Je le connais juste de nom. J’avoue que je suis de plus en plus tentée par franchir le seuil, prendre un verre, dire bonjour aux gens dont les noms me sont familiers et m’installer dans un coin. Surtout quand je vois que la majorité des discussions se font là -bas.
Mais j’ose pas car je suis légèrement intimidée par tout ce monde.
Ah celle qui passe prendre un café avant de filer bosser c’est tout moi !
(mais c’est sur FB, pas Twitter… j’sais pô, FB me suffit amplement)
Ahahahah pas mal !
Moi j’aime twitter, et je ne sais pas trop pourquoi, sans doute pour tout ça…
Mais je raconte pas mal de trucs inutile dessus, c’est le risque ><
Avec quel regard tu as croqué tout ce microcosme en expansion!
Je débute et je ne maîtrise pas ses codes mais c’est vraiment ça.
Très jolies brèves de comptoir ! Maintenant j’aimerais savoir dans quelle catégorie je me situe.. (et je dis pas « vieille pochtronne » STP
Bien vu! Et jolie note! :)
J’aime bien, souvent de loin et en dilettante et parfois en pseudo pilier de bar… On en « identifie » certains, et moi même j’ai l’impression de me balader entre quelques catégories en fonction des humeurs et des usages du jour!
Mais c’est sympa un bistrot ^^
Je ne sais pas vraiment à quelle classe j’appartiens, mais je reconnais certains de mes « followings » !
Très bel article soit dit en passant ! ;)
bravo pour ce portrait que je trouve très juste..j’hésite entre la touriste car je comprends pas tout, l’occasionnel car j’y suis une fois par semaine ou la timide car comme dans la vie j’ai toujours le sentiment de pas toujours avoir quelque chose d’intéressant ou de drôle à dire )
excellent !!! c’est tellement ça !!!
J’aime twitter, j’avoue, je sais que j’y trouve quelqu’un à n’importe quelle heure, besoin de me changer les idées, besoin de me lacher ou juste lire, j’ai le réflexe twitter !
Si je passais moins de temps au troquet du coin, j’aurais p’têtre enfin le temps de twitter…
mais rien à faire, pour le moment, jé résiste, ( Oui j’dois être une des rares blogueuses qui ne twittent pas) mais je tiens vraiment à conserver ces rencontres en LIVE que la vraie vie nous procure.
Tu vas m’dire: « t’as qu’a twitter du bistro »
ok… et quand donc c’est -y que j’drague alors?
Je trouve ton article excellent, surtout pour qq1 comme moi qui ne twitte pas (je n’ose pas franchir la porte du « twitt-bistrot ») pour y raconter quoi ??? Mais c’est tout-à -fait l’impression que ça me donne, vu du trottoir, cette agitation à l’intérieur, le bruit, les habitués, tout ça.. C’est vraiment une drogue pour ceux qui commencent un jour ?
Je ne suis pas encore une grande utilisatrice de twitter
mais je m’y met doucement